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Soubrette | 29 mars 2008

Ça ne tourne pas rond
Ma vie de soubrette
Dans l'alcôve marron
Ils soufflent mes œillettes
Tous mes petits messieurs
Qui brandissent leur fortune
A mes jeux capricieux
Faut bien gagner sa tune
Y me font la révérence
Pour mieux lapper leur enfer
Et moi je m'en balance
Je préfère ton regard vauvert
Quand tu me mets à l'envers.

 

Illustration :
iles ménines, détail
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 13:50:36 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Vendredi saint | 21 mars 2008

La mia bella dona
je me coule oeuvre
à tes pieds.
Je me tapis
aux ombres de tes sept collines.
Au nom du père
et de tous tes seins
je bois à ton calice.
Au sang de tous tes fils
je suis crucifié.
La mia bella putana
sous ta lune haram
ti voglio di bene.
Mon jour de gloire
s'effondre à tes armes.
Ma citoyenne
je marche à genoux
pour sillonner ta liberté impure.
Je romps tous mes serments.
Toutes mes vérités
je les abandonne
pour boire en vampire soumis
à ton sang d'immortelle.
Gira gira
Eppur si muove
me souffle Galiléo.
Renonce à tes sens
me balbutie Boudha.
Mais à tes vœux d'enfer
je me soumets.
En loup je cherche
dans la lumière de tes nuits
tes yeux de louve insoumise
inch'allah


Illustration :
les dessous du paysage plâtre, verre ...
Paul Marandon

 

Publié par felixmartin à 22:24:44 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Moiteur | 15 mars 2008

Se laisser brûler par le soleil. Etre moite, lourd, la tête sans pensées, peuplée de rêves au goût de chair. Voir la mer se fendre contre les flancs du bateau, vouloir la caresser mais ne pas se pencher. La mer glisse et nous oublie. Etre chaud, avoir des gestes lents et fixer les passagères. Fermer à demi les paupières et les surprendre à vous regarder. Jouer à les troubler pour être troublé soi-même.

Publié par felixmartin à 21:49:30 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Come on | 29 février 2008

Come on baby
Ta main effleura mon coude à l'entrée du bar
« La route m'attend, suis-moi, lâche les amarres
Come on baby tu connaîtras le paradis »
Je n'ai pas fléchi, le cœur abasourdi
Nous avons parcouru le trouble de l'amour
Dans les nuits blanches en absence des jours

Goodbye baby
Tu as poursuivi seul tes chemins de traverse
Mes pleurs inassouvis imitaient les averses
Esseulé tu as goûté les baies des buissons
Esseulé tu as roulé dans les sombres limons
Esseulé tu as bu le blanc brouillard des étuves
L'enchantement touche à sa fin la nuit arrive

I love you baby
Aimer, dans quelle langue vive te l'écrire
Chuinter en allemand ou de l'anglais dire
Viens lover ton corps dans ma tanière
Tes nuits fauves se mêleront à mes lumières
Pour te chérir je choisirai l'italien
Je t'attends au seuil de notre rêve aérien

Baby come back
Les routes ont séparé nos sillons d'âme
Détache tes souffles grisés du macadam
Notre jardin d'hiver guette ton vrai retour
Du fond de ma vie je ne crains pas tes détours
Dépêche-toi le soleil a quitté le Sud
Je ne t'attendrai plus longtemps finis ta ronde.



photo : Richard Vantielcke LudImaginary
www.ludimaginary.net

Publié par felixmartin à 21:27:40 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Hellas Rome | 27 février 2008

Je ne suis pas à vous
Vous n'êtes pas de moi
les couleurs infinies
de notre quart d'heure
se fânent
sans émois
rien de Rome antique
l'envers des squares
vous m'offrez
je les visite le jour
longue allée de tilleuls
bacs à sable et balançoires
l'eau des fontaines ou du fleuve
vous les découvrez la nuit
les arbres deviennent bosquets
les murs jaunissent
et les amants sans visage
n'ont pas d'adresse

 

Illustration : emprunt à Paul Marandon 

Publié par felixmartin à 22:11:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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