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Corinne Jeanson
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La vague de sa robe noire, dans la nuit immobile, danse sur ses genoux. Je l'invite à me suivre dans le bar. Elle acquiesce, avec cette indifférence absolue que je prends pour de l'insolence et qui est sa parure, sa force unique. Derrière le masque, pas de masque. Elle choisit d'être là et n'exprime rien parce qu'elle n'a pas à dire pourquoi, ni comment elle est avec moi. Si choisir signifie encore quelque chose, aujourd'hui, elle a choisi d'entrer dans ce bar avec moi.
Dans le bar, d'autres clients sont assis, spontanés et insolents, comme tous les gens qui fréquentent ce côté-ci de la rive. Elle les connaît, elle leur ressemble. Et pourtant elle est d'ailleurs. Nous ne parlons pas. Nous regardons autour de nous. Curieux des autres plus que de nous. Soudain, elle se met à parler très bas et longuement. Elle me raconte mon histoire, notre histoire. Avec les mots que j'attendais. Sans complaisance, elle décrit tous les temps de notre histoire, lentement. Bien avant moi, elle en avait déroulé le sens caché.
Un homme est entré qui la connaît. Il s'approche de notre table et s'assoit sans se présenter. Elle me sourit étrangement, un sourire qui signifie que tout est dit, que, s'il n'y a pas d'espoir, il n'y pas non plus à en souffrir. Elle fait signe à l'homme et ils repartent ensemble. Je ne sais pas où l'homme l'entraîne, s'il est son amant, s'il lui a donné rendez-vous là. Elle part avec lui, avec le vague de sa robe qui bat ses genoux.
Album : Y.M. Jacob, Festival du Nu Arles 2007
Publié par felixmartin à 23:40:27 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par felixmartin à 21:59:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Le livre de l'intranquillité s'essouffle,
Depuis que tes rivages de travers me sillonnent.
Les devenirs chauds renouent les fils de ma mémoire.
Je peux m'endormir.
Publié par felixmartin à 23:44:59 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Nature
Je serais une plante verte carnivore,
Tu glisserais dans mon délicieux calice.
Poison
Je fermerais mes crocs sur tes peaux épuisées
Ton complet abandon est mon parfait plaisir.
Fin de partie
Je ne saurais combler toutes tes tentations
Abandonne-moi aux limites de nos vies.
Publié par felixmartin à 08:00:05 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par felixmartin à 16:53:07 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens