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Le retour de Pasiphaé | 15 juin 2006

La première reine à aimer la bête
Ouvre la ronde de ces hommes incertains
Aux blessures exsangues
Vétus de robe pourpre
pendue dans les vitrines des ruelles secrètes
de leurs désirs mis en scène
Le doigt de Saint Jean se tend
Dans le dédale de leur déchirure
Ils s’enivrent à la découverte de leur héritage
Oublié sur une plage méditée.

L’étendard sanglant s’est levé
Sous l’œil voilé des femmes d’orient
Et de leurs hommes barbus
Cachés à eux-mêmes.

 

Publié par felixmartin à 22:31:34 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Eternité | 09 juin 2006



J’ai bien envie de ta bouche grande
et des autres lieux de ton plaisir
mon doigt se pose là où tu gémis tant
que mes cuisses pleurent.

Dans la chaleur de midi nous goûtons
à ce flot retenu mille fois.
Ton visage et ton sexe se plantent dans le sol
Et moi au-dessus de ta chair
J’attise ton désir en mouvements étonnés.

Dans la claire nuit de ton île
Tu m’empales à la margelle d’un puits.
Nos doigts glissent par tous les creux de nos reins
Et ce plaisir qui nous lie, une seule journée,
S’expose à l’éternité.

Publié par felixmartin à 20:52:51 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

La plainte de Déméter | 02 juin 2006

Dans les champs d’hiver griffés
La plainte de Déméter
Se mêle à celle du vent
Dans les arbres aux branches d’acier.
Les loups agrippent sa jupe
Et hurlent à sa douleur.

Le froid s’est étendu ce matin-là
Dans toutes les vallées.
La voix de Déméter chante
Un poignard dans le coeur
Depuis que les entrailles de la terre
Ont enseveli le fruit de ses entrailles.

Publié par felixmartin à 21:26:05 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Soeurs de lumière | 31 mai 2006

J'ai fait ce premier voyage jusqu'à mes soeurs de lumière.
Je ne leur ai pas encore donné de noms
mais j'entends déjà leurs rires au-dessus du puits.
Quand je les retrouverai, le silence des espaces clos s'emplira d'infini.
Au-dessus des collines, elles viendront et je ne fléchirai plus.
L'homme des volcans enfin me confiera son secret.
Ce jour-là seulement, il me sera permis de franchir les mondes.
Au fond du lac, elles danseront et le détournement prendra fin.

Publié par felixmartin à 21:16:29 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Paroles | 31 mai 2006

La parole sacrée pour ceux qui l'emprisonnent
La parole secrète à l'écart des pauvres
La parole perdue pour ceux qu'on emprisonne
La parole prostituée par l'argent des riches
La parole réinventée avec l'argot dans les rues
La parole du désir sur un coin de souffrance.

Publié par felixmartin à 21:09:44 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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