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Soir gris | 31 mai 2006

Rien à voir, rien à dire,
Rien à penser, rien à aimer
Rien en souvenir
Flâner dans les jours
de pont en pont
au-dessus du miroir des fleuves
Et le ciel pour ami
Les messagers sans destination parcourent
l'excellence du soir gris.

Publié par felixmartin à 21:07:52 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Matisse | 17 mai 2006


Je serais ce violoniste
qui joue à la fenêtre
Derrière les volets bleus
Ma musique monterait jusqu’aux nuages
Et la tristesse glisserait
Sur mon costume jusqu’à terre
Où elle dessinerait une tache de deuil.

Trois fois murmuré
Trois fois dessiné
Trois fois perdu
Il est là dans mes rêves verts
Il est là dans les rues violettes
Il est là dans la vie noire.

La beauté sortirait à peine de l’eau
Je viendrais la sécher
Avec des éponges bleues.
Je jetterais à ses pieds des bouquets
Trop vite coupés.
Et je pleurerais de son parfum évanoui.
Elle ne bougerait pas,
Ni statue, ni femme,
La beauté lointaine sortie de l’eau.

Trois fois murmuré
Trois fois dessiné
Trois fois perdu
Il est là dans mes rêves verts
Il est là dans les rues violettes
Il est là dans la vie noire.

La souffrance tombait sur ses épaules arrondies
Sa robe de lin décelait les sanglots accumulés
Elle se taisait et retenait ses mains entre ses cuisses fermées.
Greta sortie de l’enfance bourgeoise
S’enferme dans le deuil du désir.

Trois fois murmuré
Trois fois dessiné
Trois fois perdu
Il est là dans mes rêves verts
Il est là dans les rues violettes
Il est là dans la vie noire.

 


Publié par felixmartin à 22:39:31 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) |

La lutte éternelle | 17 mai 2006


A l'infini, avec l'unique conscience de leur lutte,
l'homme et la femme s'affrontent sans aveux
dans le silence absolu du renoncement à l'éternel retour.
Plus loin que la pâleur du baiser, plus loin que la mollesse des caresses,
plus loin que l'étreinte douceâtre, l'homme et la femme,
barbares et civilisés, doubles et étrangers,
à l'encontre du labyrinthe fatal de la vie,
dans la liberté dionysiaque, au-delà de l'extase et de l'effroi,
ressuscitent la divine nature

Publié par felixmartin à 22:05:23 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) |

Le poison du désir | 13 mai 2006

Plus de mots. Jamais.
Seulement la langue alourdie
Par le poison du désir.

Plus de gémissements.
Seulement les yeux élargis
Par la violence des caresses.

Plus de vains tremblements.
Seulement le souffle qui s’éteint
A force de tensions souterraines.

Pour chasser l’insoutenable vide,
Les creux s’emplissent de sang.
Notre étreinte stérile a détourné
Le martèlement de la vie.

Publié par felixmartin à 23:02:13 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) |

Lunettes noires | 13 mai 2006

Espion de tes gestes
Sous le soleil tremblant
Mon corps a chaud.

 

Les vagues ne l’apaisent pas
Quand toi tu dors
La main posée en corbeille juste là
Je rêve sans sommeil.

 

Publié par felixmartin à 22:59:31 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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