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Piano triste | 21 octobre 2007

Les notes jouées sur un piano triste
Dans une nuit d'hiver finissant
La cloche de l'église donne l'heure
Une femme chante, grave
Au-dessus des mondes noirs. 
 


Une façade grise, la rue en contrebas
Déserte
Ma tête pareille à tout cela
Rien au-dehors, rien au-dedans 


Se pourra-t-il que le jour se repeuple ?
Quel jour ?
Tremblant. 
L'impossibilité de toucher 
Cette angoisse flottante,
Pas même une angoisse.
 
Chanceler face au rien
Rien la vie, rien les gestes,
Choisir de voir passer les temps
Et ne plus toucher
Sinon avec le regard éloigné.

 

 

Photo : Visions Nocturnes par Yves-Marie JACOB
http://clubphotoromans.hautetfort.com/album/visions_nocturnes/zone%20nuit03.jpg

Publié par felixmartin à 20:10:52 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Croisements | 30 septembre 2007



Quand tes aïeux lisaient la Bible
Les miens chantaient l'Iliade.
Quand tes pères récitaient la Thora
Les miens priaient à genou dans la terre
A l'heure de l'Angélus.


Quand ta mère éloignait son regard du tien
Ma mère retirait sa main froide de la mienne.
 
Pourquoi, ce jour, marcherions-nous sur le même chemin ?

 

photo : Modimo
http://modimo.canalblog.com

 

Publié par felixmartin à 14:54:03 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Les banquets ailleurs | 13 juin 2007

Des lettres de toi en écriture
Sympathique
Des visages de toi en couverture
Dans les nuits de mon lit
Les dieux forniquent
Dans les banquets ailleurs
Je crie de tous tes mots volés
Des lettres enflammées,
Des phrases effacées
Voilà mes offrandes
Coule le vin
Tourbillonne le cortège
Des bienheureux
Déversez votre miel
A mon bras
Et sur la page rien n'arrive
Impossible de t'avouer
L'âme bouleversée

photo Yves-Marie Jacob

Publié par felixmartin à 22:29:32 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Graines de grenade | 24 mai 2007

  
Eurydice, ma sœur des enfers,
Je n'ai pas toujours été Perséphone,
Souviens-toi quand j'étais jeune fille
Ma mère m'appelait Koré.
J'avoue,
Je n'aurais jamais dû goûter
Au jus suave de la grenade.
Mais c'est si bon.
Pour trois petites graines
Trois petits tours dans les enfers
Je suis devenue l'épouse d'Hadès.
Ma pauvre sœur Eurydice,
Prisonnière pour toujours des enfers,
Quand moi je m'échappe au gré des étés.
Je retrouve mon demi-frère
Zagreus et son cortège.
La joie, la joie, Eurydice,
La joie d'être vivante. 

Publié par felixmartin à 22:05:25 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Instants d'éternité | 16 mai 2007

J'ai bien envie de ta bouche grande
et des autres lieux de ton plaisir
mes doigts se posent là où tu gémis tant
que mes cuisses pleurent.

Dans la chaleur de midi nous goûtons
à ce flot retenu mille fois.
Ton visage et ton sexe se plantent dans le sol
Et moi au-dessus de ta chair
J'attise ton désir en mouvements étonnés.

Dans la claire nuit de ton île
Tu m'empales à la margelle d'un puits.
Nos doigts glissent par tous les creux de nos reins
Et ce plaisir qui nous lie, une seule journée,
S'expose à l'éternité.

Publié par felixmartin à 21:52:02 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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