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Le retour d'Amour | 10 mai 2006

Elles étaient toutes venues
Avec leurs mains crispées
Et leurs bouches closes
Elles étaient toutes là
Contre la porte
Dans le noir du corridor
Phèdre et Alma
Carmen et Hélène
George et Sapho
Quand les amants unis
Se sont endormis
Elles sont reparties, radieuses.
L'amour quelque temps
S'est posé
Sur un coin de la Terre.


Publié par felixmartin à 21:57:03 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Abeilles | 10 mai 2006

Les pas sur le sol de l'enfer béant
La musique noire accompagne
la raison dans les crevasses de la dérision.

Blanche la couleur du vide
Rauque le miaulement insistant de la mort à la bouche sucrée
Pleine d'abeilles bruyantes
Et je rampe au rythme africain, esclave de la mort
L'orgue funèbre s'exhale en une marche triomphante.

Publié par felixmartin à 21:55:05 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

L'aveugle de Thèbes | 10 mai 2006

Tu ressembles encore à l'aveugle de Thèbes
Tes yeux n'ont pas de couleur.
Ma bouche est muette comme celle d'Ondine
Et je tais ton nom.
Comme Eurydice je n'entends que ton pas puissant
Et ta démarche m'est inconnue.
Demain peut-être mes nuits se peupleront de ton nom
Demain peut-être je sentirai ton odeur
Et connaîtrai l'étreinte de tes bras
Demain peut-être je sortirai de la pierre.

Publié par felixmartin à 21:52:35 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Encyclopédie | 04 mai 2006

De l’amour en encyclopédie
J’en avais goûté sur tous les airs
Ronde infernale des piliers
Marx, Freud et même Sartre
Analysant leur complexe d’analité
Expliquant mes bâillements.

J’en arrivais à rêver Cocteau et Genet
Cherchant la mâle virilité se dresser
Sur les murs fuyants de mes nuits
La croix du Christ suspendu
Avait des accents blasphématoires.

O’Connel sorti de Dublin
Au corps de champion de kung-fu
Entra dans mon lit à cette période
Mes jambes en croix
Il crevait mon con et le reste.
Un tour de roue dans sa voiture rouge
On est parti au bout du monde.

Hélas le monde est petit
On est rentré et l’ennui a suivi.
J’ai continué à bâiller
Alors j’ai croisé Marilyne…

Publié par felixmartin à 22:22:44 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Casablanca | 04 mai 2006

Dans un bordel de Casablanca
Il a saisi son poignet
Furieuse elle s'est détournée
Et la nuit s'est ouverte sur leur course.

Dans une rue de Casablanca
Il l'a croisée et leurs regards
Flambaient de la même haine.

Dans le port de Casablanca
Il l'a retrouvée
Accoudée au vent de l'océan.

A Casablanca ils n'ont pu ni se toucher
Ni parler, ni dormir.
Ils ont quitté la ville pour le désert.

Au bout de la piste de sable
face au mirage lointain
Ils ont abandonné leur voiture.

Dans les dunes et le soleil
Dans la nuit et les silences du désert
Ils ont marché furieusement
Coude à coude dans la chaleur
Meurtris, assoiffés.

Au bout du mirage
Ils sont tombés sur la même plage
De désert sans océan.
Et là seulement, là seulement,
Il a saisi ses poignets
Et leurs corps se sont connus.
Dans la nuit le sable a frémi
A leurs hurlements.

S
i un jour vous passez près de ce lieu
Vous apercevrez peut-être la statue des deux amants.

Publié par felixmartin à 21:29:45 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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