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Casablanca | 04 mai 2006

Dans un bordel de Casablanca
Il a saisi son poignet
Furieuse elle s'est détournée
Et la nuit s'est ouverte sur leur course.

Dans une rue de Casablanca
Il l'a croisée et leurs regards
Flambaient de la même haine.

Dans le port de Casablanca
Il l'a retrouvée
Accoudée au vent de l'océan.

A Casablanca ils n'ont pu ni se toucher
Ni parler, ni dormir.
Ils ont quitté la ville pour le désert.

Au bout de la piste de sable
face au mirage lointain
Ils ont abandonné leur voiture.

Dans les dunes et le soleil
Dans la nuit et les silences du désert
Ils ont marché furieusement
Coude à coude dans la chaleur
Meurtris, assoiffés.

Au bout du mirage
Ils sont tombés sur la même plage
De désert sans océan.
Et là seulement, là seulement,
Il a saisi ses poignets
Et leurs corps se sont connus.
Dans la nuit le sable a frémi
A leurs hurlements.

S
i un jour vous passez près de ce lieu
Vous apercevrez peut-être la statue des deux amants.

Publié par felixmartin à 21:29:45 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

clé | 04 mai 2006

La clé est tombée sur les carreaux
Sec le bruit, sec le cœur
La clé et ses secrets
Ont souri à nos paumes humides
Les verres brillaient
La lumière vacillait
Et les désirs s’embrouillaient
Avec l’aveugle raison
Qui retenait et les larmes
Et les langues alourdies.



Publié par felixmartin à 20:44:36 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) |

Trouble plaisir | 04 mai 2006

Sur la toile mauve de mes nuits incertaines
Ton message ne s'est pas accroché
Ou bien je t'ai manqué ou bien tu m'as manqué.
Pour être en pensée jusqu'à toi
Je circule virtuellement dans la beauté de Paris.

Les pages de ton carnet se sont détachées
Tu as arraché les mots traînant comme des chiens
Pour mieux les enchaîner à mon esprit fiévreux
Quelle est cette fièvre au goût d'argile
Que les larmes d'hier absorbent ?
 
Je me souviendrais du temps où des brigands se pressaient
Dans ma couche d'épines pour troubler l'ordre et la loi.
Tu aurais touché mon genou, tu aurais effleuré mes lèvres
J'aurais sangloté à la seule empreinte
De ton épaule laissée là après ton départ.

Tes paroles seraient allées à d'autres
Tes pas se seraient pressés vers ailleurs.
Je ne t'aurais surtout pas guéri de tes doutes superbes.
J'aurais écrit en boucle des mots au goût de rose
Sur l'écran mauve des jours de Maud.

Publié par felixmartin à 19:05:06 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Que reste-t-il ? | 04 mai 2006

Au fond elle cherchait à séduire.
Que reste-t-il ?
Le khôl dans les plissures
Les grimaces figées dans les rides
Et la démarche grotesque.

Ils sont venus quelque temps,
Des poètes et des peintres,
Des vendeurs de rue et des champions.
Un pêcheur aussi a brisé son filet,
Un penseur a refermé ses livres pour la suivre.
Des ombres et des têtes dressées,
Des corps secs, des muscles superbes.
Mais aucun musicien, la musique est divine,
Ni de femmes, l’artifice les ennuie.

L’éponge sur le rocher
S’emplissait de leurs flots
Qu’espérait-elle goûter ?
Peu de choses hélas sont restées,
Le khôl dans les plissures
Les grimaces figées dan les rides
Et la démarche grotesque.


Publié par felixmartin à 18:58:44 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

La solitude aisée | 04 mai 2006

Sur le bord de la table l'allumette,
Le doigt solitaire
Suit la mesure du violon,
Repousse l'allumette au bout rouge
Tombe l'allumette
Très bas sur le sol nu.

Imperceptiblement une deuxième allumette
Sur le bord aigu penche
Sur le sol nu,
La deuxième allumette est tombée
Très bas contre l'orteil froid.

Entre les doigts jaunis
La cigarette tourne
Objet entre la paroi lisse de demain
Et l'écran des souvenirs.
Demain n'a pas d'avenir
L'immobilité l'inonde
Placide l'attente, suspendu l'esprit
En repos de l'illusoire espoir.

Je bois à la coupe fraîche
De la solitude aisée.

Publié par felixmartin à 16:11:48 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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