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L'esprit du vent | 29 avril 2006



L’été sur une île bleue
La voix du vent file dans les ruelles,
Chasse la poussière,
Nous colle l’un à l’autre.
A l’unisson nous oublions le monde
Sous son rempart tourbillonnant.
La colonne de marbre épouse
Le tumulte de la baie gémissante.
Les barques tentent d’échapper
Au souffle qui murmure à l’amour.

Dans ce pays glorieux qui sent les pins
Essoufflés de chaleur, hantés par les cigales,
Nos empreintes s’accordent
Sur les plages jaunes
Qui entrecroisent
Passé, présent, avenir
Quand passent le vieil homme et son âne
Près de nos corps jeunes et nus.

Dans le battement des jours païens
Le vent courbe nos rires
Et pour l’impressionner tu fronces ton sourcil
Nous rions plus fort
Sous les oliviers bruissants
Quand les cigales chanteuses le soir venu
Se sont tues.
Vêtu de blanc en sandales rouges
Aux ailes invisibles et démarche de félin,
Tu oscilles, jeune chat dans le jour chaud,
Fauve endormi au soupir de la lune.

Dans la chambre flotte
L’odeur suave de l’amour
Tes mains tremblantes ont le pouvoir infini
De couvrir mon corps de perles
Sur ma joue se balance ta tresse brune
Tu suces mes doigts effarouchés
et ta main gravit mon corps.
Le vent suspend sa course
et invente l’arc-en-ciel.

Publié par felixmartin à 21:12:09 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

L'aigle blanc | 26 avril 2006

Un grand aigle blanc étend ses ailes dans le ciel de nuages. Son oeil solitaire affecte des orages et un halo de haine écarte chaque plume. Sous la tête brisée par la balle perdue se détache un duvet qui tombe dans le vent du soir jusqu’à mon pied et le caresse.

Publié par felixmartin à 22:53:43 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Miro pour les enfants | 20 avril 2006


Miro comme un enfant
Qui n'a pas appris à compter
Ou seulement sur lui-même
Il dessine des ronds et peint des bouts de fer
Il regarde le monde
Dans son dos qui le voit peindre
Et il sourit de son âme bleue.
Il décline des mots
Pour la magie de leur non-sens.
Les écrire avec la main
Les prononcer avec la bouche.

Publié par felixmartin à 09:42:49 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Picasso | 10 avril 2006

 Je ne leur offrais que mon profil
Et encore je l'aurais fondu en blanc opaque
Pour sombrer dans l'anonymat.
Mais le peintre dessina un œil,
Un nez et une bouche.
Il ne réussit qu'à esquisser une grimace mortifère
Sourire denté de travers
A l'œil étiré en tache d'effroi.

Publié par felixmartin à 21:22:15 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Je ris de toi | 10 avril 2006

Là bas sous l'éclair
Tu ne te laisses pas faire
Là-bas sous la chute d'eau
Tu hurles à l'oubli du désir
Qui ne vient pas
Là-bas sous les jours du non
Tu te souviens
De l'écran de tes fureurs
Et jamais tu ne t'abandonnes
A la source rieuse
Jamais tu ne laisses

Courir le vent
Sur tes paupières closes
Jamais tu ne prononces

Le nom de l'aimé
Et moi, là-bas,
Dans le vent de l'orage
Je ris de toi.

 

Publié par felixmartin à 20:25:59 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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