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La marche de l'Histoire | 04 mai 2006

Derrière les croix noires au-dessus des tombes, des tombes, les fosses encore ouvertes où les homme debout, nus, attendent la mort, l'instant ultime. Dans le silence de l'horreur, dans le silence par respect pour ceux-là qui déjà ne souffrent plus, par respect pour ceux-là qui se souviendront de leurs pères ensevelis pour toujours. L'histoire, majestueuse, aux seins massifs, avance le regard oublieux. Comment pourrait-elle les voir ces tombes ? Ces tombes. Sa démarche lente et assurée recouvre d'ombre les tombes et l'agonie lente et cruelle des hommes debout dans la terre noire. Demain les herbes folles recouvriront les charniers de l'Histoire. Et l'Homme marche debout dans les villes reconstruites par-dessus.

Publié par felixmartin à 16:10:31 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Créer ? | 29 avril 2006


Le ciel vert et son soleil noir
Au dessus du passant courbé
Par le vent invisible et puissant.

Il redressa la toile
En biais au mur accroché.

Les yeux fermés dans le bronze
Le pied rond tenant l’équilibre
Total du corps long.

Il essuya la poussière
Sur le socle froid.

La page blanche
Salie des mots escaladés
Le silence de la page.

Il la froissa avec force
Pour abolir le vide.

Publié par felixmartin à 21:44:04 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

L'esprit du vent | 29 avril 2006



L’été sur une île bleue
La voix du vent file dans les ruelles,
Chasse la poussière,
Nous colle l’un à l’autre.
A l’unisson nous oublions le monde
Sous son rempart tourbillonnant.
La colonne de marbre épouse
Le tumulte de la baie gémissante.
Les barques tentent d’échapper
Au souffle qui murmure à l’amour.

Dans ce pays glorieux qui sent les pins
Essoufflés de chaleur, hantés par les cigales,
Nos empreintes s’accordent
Sur les plages jaunes
Qui entrecroisent
Passé, présent, avenir
Quand passent le vieil homme et son âne
Près de nos corps jeunes et nus.

Dans le battement des jours païens
Le vent courbe nos rires
Et pour l’impressionner tu fronces ton sourcil
Nous rions plus fort
Sous les oliviers bruissants
Quand les cigales chanteuses le soir venu
Se sont tues.
Vêtu de blanc en sandales rouges
Aux ailes invisibles et démarche de félin,
Tu oscilles, jeune chat dans le jour chaud,
Fauve endormi au soupir de la lune.

Dans la chambre flotte
L’odeur suave de l’amour
Tes mains tremblantes ont le pouvoir infini
De couvrir mon corps de perles
Sur ma joue se balance ta tresse brune
Tu suces mes doigts effarouchés
et ta main gravit mon corps.
Le vent suspend sa course
et invente l’arc-en-ciel.

Publié par felixmartin à 21:12:09 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

L'aigle blanc | 26 avril 2006

Un grand aigle blanc étend ses ailes dans le ciel de nuages. Son oeil solitaire affecte des orages et un halo de haine écarte chaque plume. Sous la tête brisée par la balle perdue se détache un duvet qui tombe dans le vent du soir jusqu’à mon pied et le caresse.

Publié par felixmartin à 22:53:43 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Ecrire | 26 avril 2006

L'écrivain infirme de l'âme pose son crayon sur les chemins bleus des pages comme l'aveugle son baton sur les chemins de terre.

Publié par felixmartin à 22:50:34 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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