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Monde lointain | 16 janvier 2006

La balancelle de l'effroi
Etreint les amants jumeaux
Aux baisers d'écaille.
Leurs genoux à peine se touchent
Pour s'émouvoir davantage
Contre l'étoffe frissonnante.

Leurs cheveux d'or et d'ébène
Mêlent leurs parfums d'ambre gris
Et leurs yeux à demi renversés
Fixent le regard de l'autre
Qui s'ouvre sur le monde du désir
Enfoui dans leur sang fiévreux
Qui palpite par tout le corps tendu.

La balancelle du temps
A séparé les amants jumeaux
Qui pleurent jusques aux cieux
Leur séparation éternelle.

Ecoutez leurs pleurs
Monter jusques aux cieux indifférents.
Ecoutez leurs chants graves
Se poser dans les ruines des rues
Entendez leur bannissement éternel.

Publié par felixmartin à 23:01:45 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

LA VALISE | 04 janvier 2006

Il a posé la valise lourde sur le siège
De la salle d'attente enfumée.
Quelques instants il a retenu la main
Sur le couvercle granuleux
La poubelle ouverte puait
Le matin était froid
Il a regardé les visages autour de lui.

Des visages gras, des visages fatigués,
Gris, gris,
Et il n'a pas eu peur
Il les voyait avec leur vide
Derrière leur masque de souffrance
L'indifférence a soulevé sa main lourde
Le premier train après la nuit
Est entré dans la gare.

L'explosion a crevé les masques
Il n'était pas parti assez tôt
Sa main crevée gisait
A côté de la valise noire
Ouverte.

Publié par felixmartin à 22:09:05 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Deuil | 04 janvier 2006

Des gerbes de fleurs humides
Des goulées de sève douce
Des poignées de terre noire
J'ai déposé la saveur des jours
Sur le toit de ton ultime séjour
Et je m'en suis allé
Tenant la main glacée de la petite effrayée.


Publié par felixmartin à 21:38:07 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Matisse (Portrait de Greta Prozor) | 03 janvier 2006

La souffrance tombait sur ses épaules arrondies
Sa robe de lin bleu décelait les sanglots accumulés
Elle se taisait et retenait ses mains dans ses cuisses fermées.
Greta sortie de l'enfance bourgeoise
S'enferme dans le deuil du désir.

 

Publié par felixmartin à 22:49:20 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Matisse (Le luxe) | 03 janvier 2006

La beauté sortirait à peine de l'eau
Je viendrais la sécher
Avec des éponges bleues.
Je jetterais à ses pieds des bouquets
Trop vite coupés.
Et je pleurerais de son parfum évanoui.
Elle ne bougerait pas,
Ni statue, ni femme,
La beauté lointaine sortie de l'eau.

 

Publié par felixmartin à 22:48:47 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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