• Borée

    Au-dessus des vagues, quand mes coursiers s'essoufflaient à mes fureurs, je ne savais quel frisson soudain à mon échine s'attachait. Etait-ce la chaleur du soleil piquant ma peau mêlée à la caresse des nuages et aux gouttelettes de l'écume rieuse ? Je ne reconnaissais pas encore ta voix rauque venue des profondeurs noires. Aujourd'hui à t'écouter le même émoi s'enroule à mon corps et si je me tiens dans cet instant en retrait de toi c'est pour connaître ce doux envahissement juste avant l'assentiment.

    Extraits de "Ondine"


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  • Borée (le roi des vents)
    Restez là en retrait. Retenez cette lente approche de vous à moi. Que je sente intimement la montée de ce qui va advenir. Je voudrais quitter ce lieu à l'instant et porter en moi dans un autre temps, dans un autre espace, l'image éternelle de votre irréalité. Vous condensez en vous les légendes qui chaque matin m'éprenaient d'illusions et ce jour la légende puérile rejoint la réalité grave. Votre couleur de guerre sied à mon incertain combat à moi-même. Vos charmes extrêmes rassurent le rythme anxieux  de ma démarche. Je voudrais enlacer votre taille et basculer votre long corps pour qu'un baiser silencieux taise toutes les vaines paroles.

    Nessoa (la magicienne)
    Puis-je croire au sérieux de cet instant ? Votre venue n'était inscrite dans aucune de mes mancies. J'ai beau chercher, je ne trouve rien qui vous ressemble. Les dieux s'amuseraient-ils aux dépens de ma magie ? N'êtes-vous qu'un être de passage ? Borée, n'est-ce pas un mirage qui passe devant vos yeux, n'allez-vous pas vous éveiller et renier vos paroles ? Je vous regarde et mes yeux ne se trompent pas, ma voix comme la vague au rocher aigu se brise en doux tourments d'écume. Je vous vois et déroulant tous les chemins d'hier je me retrouve face à vous, nouvelle, m'appuyant sur l'équilibre prodigieux du passé accompli. Restez Borée, ne fuyez pas pour ce pays où je ne serais qu'une image adorée. Restons et gagnons jour après jour le difficile amour.

    Borée
    Laissez-moi m'habituer à ce vertige, laissez-moi quelques temps pour rompre avec mes chaînes et devant vous me présenter sans tourments, sans parure, ouvert enfin à vous. Ce soir je partirai, avant ces noces tragiques, avant que ne s'accomplisse le destin amer. J'accompagnerai le roi meurtri et quand ses plaies moins vives seront apaisées, je me présenterai à vous dans votre palais profond. Je vous rejoindrai pour ne plus vous quitter. Adieu, madame.


    Extraits
    Ondine


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