Par Corinne Valleggia
Autiste de terre
le dernier pavot a blanchi
l'ozone efface avale engloutit
les dieux s'égrènent ailleurs
l'espoir a gelé
la terre n'est pas promise
le bleu s'embrunit
aucune silhouette courbée
dans les champs sans labours
les sillons craquent comme un cœur
quand l'amour a vécu
Autiste de terre
la sécheresse des mille nuits
n'est pas un conte
la romance est un vieux souvenir
qui dépérit
les vampires ont sucé les sèves des forêts
les derniers cris des arbres asphyxiés
ont sifflé dans les jours devenus nuit
les orties cramoisies ont frémi
dans les mers mortes
les prophètes marchent à sec
les colombes ne font pas la paix
leurs ailes déployées de leurs corps inertes
s'étalent en croix dans les poussières des plages
les lianes amazoniennes s'effritent
en claquant dernier bruissement de vie
les terriers sombres sont couverts d'ossements
les voiles sont noires sous les horizons de néant
autiste de terre
la vie se cache dans les gouffres de souffre
dans mille ans peut-être
un être nouveau surgira
gardera-t-il la mémoire
de ceux-là ?
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