Par Corinne Valleggia

La guitare sèche au fond
du pub
Accorde sa complainte
Eh Jack, donne-moi ta force d'oubli
Pendant qu'elle fait sa grande dame
Dans les bas-fonds verts
Voilà que je titube sur le granit
Ses yeux de louve se reflètent
Dans les trottoirs humides
Le brouillard tombe
Je m'enroule dans ses peaux de serpent
Mes jambes fléchissent
Depuis qu'elle a oublié mes cuisses
En mémoire de sa bouche d'ange
Ma langue s'alourdit
Je répands mon sang blanc
A l'ombre de son palais
Et mes veines palpitent de son manque
Jadis nos corps s'arrimaient aux mêmes rimes
Jadis tu m'aimais
Ce n'était pas rien
A jamais ton âme porte mon souffle
Jusqu'au tombeau.
Illustration : détail amazone bronzePaul Marandon http://www.paulmarandon.com/
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