Par Corinne Valleggia
La Denise elle mettait pas les patins pour glisser sur les parquets vernis.
Elle claquait bien droits ses talons d'aiguille et on voyait son cul bien trempé qui dodelinait au bord des hanches.
La Denise elle le buvait noir son café, sur le coin de table en formica de sa cuisine.
Elle laissait le petit crème aux barons du barreau.
Elle levait deux doigts aux ongles rouges et tirait longuement, pensive à rien, sur la cigarette allongée dans l'écrin en bakélite.
C'était ça la Denise et alentour les vieilles en fichu chuchotaient d'elle.
Elle s'en moquait bien, la Denise, elle leur préférait ses amants.
Dommage que le cancer l'ait emportée trop tôt.
On la regrette bien, nous, la Denise, les hommes de là-bas.
Oui, monsieur, moi, la Denise, je l'ai bien connue. Biblique qu'elle était à nous essuyer les pieds quand on sortait du paquebot.
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