Par Corinne Valleggia
A qui écrire sinon à toi ? Il y a le drap, son étendue, sa douce chaleur. Le silence de la nuit, de ma nuit. La ligne bleue sous les lettres posées. Lettre en souffrance. Ne pas écrire pour mourir plus vite. Des taches jaunes et rouges à mes paupières en feu des larmes. Un lieu vide où l'expérience intérieure n'est qu'une lamentable copie de ce qu'il m'est impossible d'atteindre. Je suis une chapelle romane au siècle des cathédrales gothiques. Et chaque jour je me rétrécis dans ce lieu. Je voudrais être en noir, les cheveux et le regard, la robe et l'âme. Le noir du dédain à la vie, le noir de l'extrême vanité. Et ces mots écrits sont les traces de cette vanité. Prise au jeu des masques.
| Devant la nuit celle que je chercherai mon corps retrouvera le tien tout au fond d'une vallée liquide. Des animaux mythiques viendront bercer notre disparition, aux yeux de tous, hommes et dieux, morts et vivants, nous serons encore à renaître. R.A. |
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