Par Corinne Valleggia

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma lumineuse primevère
A l'aube je berce
Tes soupirs de nourrisson
Je me souviens
Ta main accrochée à mon doigt
Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma délicate violette
Dans le soleil du matin
Je panse tes genoux écorchés
Je me souviens
Tes jeux au jardin d'enfant
Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma belle nymphéa
A midi tu goûtes
Aux jeunes amours
Je me souviens
De tes premiers chagrins
Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Mon rouge coquelicot
Dans le calme après-midi
Ton ventre s'arrondit
Je me souviens
Tes bébés roulant sous mes mains
Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Mon éphémère fleur de cerisier
Au crépuscule obscur
Tes joues pâlissent
J'arrache
La fleur maudite de ton sein
Anne, ma sœur Anne
Je n'ai rien vu venir
Mon souffle fraternel est vain
La nuit éternelle
Recouvre tes paupières
Je dépose
Les roses noires sur ton cercueil clos.
Illustration : Léda pierre de LensPaul Marandon http://www.paulmarandon.com/
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