Par Corinne Valleggia

Tu dis que les morts ne sont pas morts
Ils sont dans l'Ombre qui s'éclaire
Et dans l'ombre qui s'épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre.
Birago, tu te trompes
Ce sont les vivants qui sont disparus.
J'ai plongé ma main
Pour cueillir Eurydice
C'est une poignée de terre
Que j'ai agrippée
Ma femme disparaît
L'ombre de sa vie s'éloigne.
Je suis Orphée noir
Mes chants se sont cassés
Je n'ai plus qu'un cri
Dans le silence des forêts
Je m'allonge dans les temples
Trompeurs d'illusions.
Entends,
Le Buisson en sanglots
Ce sont les ménades punies
Qui gémissent
J'attends ma dernière métamorphose
Pour rejoindre le royaume d'Eurydice
Comme au commencement.
Souffle la chandelle, Birago,
Sa lumière m'aveugle.
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