Par Corinne Valleggia
Nous marchons côte à côte
Dans la ville de bord de mer
Mes yeux sont ouverts
Les tiens ont connu la tyrannie
Mes mains se tissent à tes doigts
Tes mains se sont dressées en poings
Mes bras se balancent à ton corps
Tes bras ont pointé des fusils
Mes cheveux ont la couleur des temps
Tes cheveux ont été arrachés par tes bourreaux
Ma bouche esquisse des rires d'enfant
Ta bouche rappelle les cris écrasés
Mon corps est une liane sans arbre
Ton corps a soulevé les corps de tes frères soldats
Nos silhouettes ne sont pas communes
Mais la mélancolie est notre cape.
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