Ce matin, le givre miroitait les rues, j'ai suivi une passante en manteau bleu, son col relevé dessinait à ses joues des airs afghans. Elle marchait lentement sur le bord du trottoir. Des enfants qui couraient l'ont croisé, elle ne les a pas vu, elle...
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Tes pas de danse se faufilent en bleu dans mes après-midi de faune. Tes danses me jouent des camps de concentration. Je reste couché là sur le ventre, le visage appuyé au sol, de ce point de mire, je ne vois que tes chevilles qui se délacent. Tu ne fais...
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Je l'avais pourtant cloué au sol. J'avais même réussi à l'enterrer comme la hache. De guerre lasse elle s'était évaporée. Même pas un nuage. Rien. Rien. Que du palpable, du réel, de la journée à s'emplir les poumons, le cœur et tous les organes. J'avais...
Lire la suiteTu ressembles encore à l'aveugle de Thèbes Tes yeux n'ont pas de couleur. Ma bouche d'Ondine est muette Je tais ton nom. Comme Eurydice je n'entends que ton pas puissant Et ta démarche m'est inconnue. Demain peut-être mes nuits se peupleront de ton nom...
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Celle qui roule Celle qu'on lance Celle qu'on étreintDans le froid du parc. Celle qu'on accroche au couPour s'engloutir dans les abîmes d'eauCelle qu'on enroule dans la mainComme un chapeletCelle qu'on sculpte comme le marbre de PygmalionCelle qu'on agrippeComme...
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Je suis tombé amoureux d'une poupée russeElle danse pas au BolchoïElle me fait danser sur les lacs glacés Je suis tombé amoureux d'une poupée russeElle joue pas de la balalaïkaElle me fait pincer les cordes de l'arc-en-ciel Je suis tombé amoureux d'une...
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Je ne savais pas ce que ton baiser balbutiaitJe sentais que ton baiser inventait un langageJe ne savais pas ce que ton baiser goûtaitJe sentais que ton baiser m'ouvrait à des mondes inconnus Ton baiser aurait tendu l'arc d'UlysseTon baiser aurait nourri...
Lire la suiteL'écrivain infirme de l'âme plante son crayon sur le chemin des pagescomme l'aveugle plante son bâton sur les chemins de terre.
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- - Bénissez-moi mon père, parce que j'ai péché.- Eh bien, parlez-moi de vos parents.- Ma mère est vierge.- Oui. Votre mère est vierge. Et votre père ?- Mon père est aux cieux. Il m'a abandonné.- Au cieux. Abandonné. Oui. Je vois, oui. Poursuivez.- J'ai...
Lire la suiteNous sommes nés de votre néant.Vous nous avez donné La mémoire des avions au-dessus des villesLa mémoire des sirènes vibrantesLa mémoire des bottes sur les pavés. Nous sommes nés de votre néant.Vous nous avez donnéLes images du déniLes images des camps...
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