Avez-vous déjà connu ces journées fraîches de l'été plein au cœur desquelles vous savez qu'un autre vous attend ? Cet autre est dans les chemins, les ruelles, à la terrasse d'un café ou au creux d'un trottoir. Peu importe le lieu où il se tient, vous...
C'est quoi en résumé 40 ans de carrière pour la carsat.te ? D'abord tu dis pas que t'as travaillé au noir à 16 ans dans une boulangerie de Vienne quand t'étais lycéenne ; ça t'oublie. Après tu dis que t'as commencé par être secrétaire -parce que fille...
Nobody is perfectpourquoi me traiter de maudite ?Pour un X de trop ?Le chœur des femmes ricane au fond du val endormiquand ma main gauche de la nuitpétrit avec doigté le Y de Vénus plus X Mon sexe incertain m'indétermine ?Et alors ? S'il vous plaît, ne...
Je ne savais pas ce que ton baiser balbutiaitJe sentais que ton baiser inventait un langageJe ne savais pas ce que ton baiser goûtaitJe sentais que ton baiser m'ouvrait à des mondes inconnus Ton baiser aurait tendu l'arc d'UlysseTon baiser aurait nourri...
Je serais ce violoniste Qui joue à la fenêtreDerrière les volets bleus Ma musique monterait jusqu’aux nuages Et la tristesse glisseraitSur mon costume jusqu’à terreOù elle dessinerait une tache de deuil. Trois fois murmuréTrois fois dessinéTrois fois...
Hivernal Aux reflets frileux s'enfièvre le désir glacé de tes yeux. Printanier Les oiseaux nomades aux ailes floues du désir de tes bras s'évadent. Estival Les épis se courbent au gré des brulants désirs de ton corps superbe. Automnal D'un brun tatouage...
Cette nuit j'irai braconnerà la dure en douceje dégrafe ma chemiseje traverse la rivièreSur le sable de la bergeles grillons entament leur chant d'appeldans la clairière je me tapisles buissons me harcèlentles ombres lunaires me cachent à demià demi seulementla...
Guerrier aux mille blessuresil s'allonge aux souvenirsde son enfance peuplée de citéce n'est pas l'air marinqui l'a fortifié, ses brûlures viennent d'ailleurs Amazone aux mille nuitselle s'allonge aux lits défaitsde son hystérie consomméece n'est pas...
Entends, ma fille, la complaintes'élever de la plainejusqu'aux nuages accrochés à la ligne grise des monts ils ont sonné les trompettesils ont résonné les tamboursdans les clairières poussent des pieds rouges Entends, ma fille, la complaintes'élever des...
As-tu bien refermé la porte Ne laisse pas la petite prendre froid Il y a tant de monde sur les routes Nous devons partir nous aussi Pour quel pays, pour quelle contrée ? J'ai peur, donne la main à la petite. L'exode dans mon cœur Est plus lourd que les...
Le jeune soldat est mort Derrière la porte minée La mort l'attendait. Dans les rues de la France endormieLes autres ont fusillé son voisinPour suivre l'appelIl a quitté son échoppe de cordonnierIl a foulé les Alpes jusqu'au Vercors Allez viens mon frèreAllez...
Je marche sous le haut soleil sur la terre craquelée. Jusqu'à la montagne bleue, je marche. Je ne sais pas pourquoi je marche. Après qu'ils aient tiré sur mes enfants, sous mon regard, ils m'ont indiqué la ligne invisible jusqu'à la montagne bleue et...
Cœur de l'Afrique noire. Bière bouteille de pays. Chaleur et vent rafraîchissant. Solitude avec paysages nouveaux en décor. Je suis au cœur de l'Afrique. Dans une ville basse avec toute sa vie, ses musiques, ses bruits, ses vendeurs des rues, derrière...
V oyez, les amantes étaient toutes venues A vec leurs mains tendues à la vue des corps nus L eurs bouches closes et leurs doux yeux implorants E lles avaient ensemble traversé les temps N ichées tremblantes dans le noir du corridor C ontre la porte verrouillée...
Le soir allait tomber, je t'attendais au pied de la véranda. Mon exil allait prendre fin. Dans l'allée de graviers, tu approchais. Droit, élancé, tu ressemblais toujours à nos peupliers qui se courbaient à ton passage et murmuraient pour t'accueillir....
- Nous étions tous les quatre réunis dans le salon, où nous prenions le café, Isabelle, ma mère, mon père, et moi. Isabelle a quitté la pièce quelques minutes. Un coup de feu a résonné dans l'appartement. » Dans l'armoire de ses parents, Isabelle avait...
Mon âme est mælström noir, immense vertige autour du vide, aspiration d'un océan sans fin vers un trou dans le néant : et dans ces eaux, plutôt ce vortex, flottent toujours les images que j'ai pu voir et entendre à travers le monde. Pessoa, Le livre de...
Cela fait maintenant dix-huit mois que je vis au cœur de l'Afrique. A qui raconter cette histoire sous ce ciel ? A quoi bon ? Après la récolte des bananes, on coupe les bananiers mais on ne tue pas la plante. Six mois ou un an après, les pousses grandiront...
Quelques jours après sa venue -je n'évoquerai pas les détails puisque le même déroulement eut lieu, à la différence qu'elle se risqua à m'emprunter un livre et partit avant que je ne l'aie chassée ou ignorée- son frère m'appela. Elle m'avait parlé de...
Un soir d'automne, alors que j'osai encore une fois l'appeler, Isabelle résista et me demanda de la laisser en paix. Je tentai de l'oublier et tout au long de jours, je regrettai, malgré moi, nos rencontres. Les mois passèrent. Une nuit pourtant, ce fut...
Au cours de nos brèves rencontres Isabelle me parlait de sa vie, j'apprenais de événements, des émotions qui la touchaient et ? malgré moi, elle me touchait. Elle me parlait de son père qui l'avait quitté très jeune pour partir rejoindre on ne sait quelle...
Un soir, je lisais, je fumais, je débouchais une bouteille, je buvais du vin rouge, je cherchais mon paquet de cigarettes, je pissais, j'ouvrais une fenêtre, la refermais, j' écrivais une note en marge d'un livre ancien, puis je traînais autour du téléphone....
La première fois qu'elle troubla ma solitude, c'était un soir de juin, tiède et bleuté. L'écho du jour passé s'affaiblissait et pour le retenir un instant, je suivais ses lignes encore claires flotter sur le parquet. J'apprivoisais le soir tombant d'un...
Au cours de l'automne, cette scène se reproduisit plusieurs fois. Isabelle arrivait, émue, grave, tremblante. Je la désirais farouchement : mon corps la désirait, mais ni ma tête, ni mon coeur. J'étais le roi de la lune comme dans le conte : la tête détachée...
Je regagnais aux premières lueurs du jour l'appartement que je laissais dans un état de délabrement écoeurant. Ce désordre me plaisait. Je le voyais comme un ordre nouveau. Il respirait comme je respirais à l'intérieur, pas dans les poumons mais dans...