Pourquoi as-tu quitté notre tanière ma panthère des neiges Je t'avais dit de m'attendre Tu avais peur Je serais revenuJ'étais parti chasser les chairs fumantes Tu étais affamée A mon retour je t'aurais nourrie Tu étais assoiffée Je t'aurais désaltérée...
Ce matin, la pluie crachotait.Au volant de ma berline, j'étais vêtue de noir. J'écoutais une musique d'ailleurs : un accordéon aux sonorités argentines, une flûte comme celle d'un charmeur de serpent.Aux bords des chemins, qui me conduisaient au lac,...
Courtisane J'avançais dans le sous-bois. Je n'avais jamais su distinguer l'odeur des mousses et des herbes médicinales. J'avais passé ma vie dans les villes et je connaissais bien mieux les parfums artificiels des courtisanes et celui, âpre et tout aussi...
Lisa, Lisa. Elle s'appelait Li sa. Blonde, de la tête aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa. La sirène du bateau agitait le départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade...
Dans la chambre de Jacques Pierrot - Qu'est-ce que t'as à chialer comme un gosse dans le noir ?Jacques - Notre amour n'a jamais cessé, qu'elle m'a dit ce matin au bord du canal.Pierrot - Votre amour ? La bonne blague, il a jamais commencé avec ta brune,...
Sixième lettre Caritas est à Athènes. Elle m'oublie. Hier, le bateau bleu a emmené les derniers estivants. Les vents et le crachin m'obligent à rester dans ma chambre ou à jouer au jacket avec le vieux Byblos, dans sa taverne sombre. Il prépare les souvlaki...
J'avançais dans le sous-bois. Je n'avais jamais su distinguer l'odeur des mousses et des herbes médicinales. J'avais passé ma vie dans les villes et je connaissais bien mieux les parfums artificiels des courtisanes et celui, âpre et tout aussi envoûtant,...
La vague de sa robe noire dans la nuit immobile danse sur ses mollets. Je l'invite à me suivre dans le bar. Elle acquiesce, avec cette indifférence absolue que je prenais pour de l'insolence et qui est sa parure, sa force unique. Derrière le masque, pas...
Campagne de Chine (à écouter) Campagne de Chine : c'est la dernière des cartes postales que mon père m'a envoyée cette année. Je ne sais pas de quelle région il s'agit. Regardez, le gros rocher semble tombé du ciel depuis la veille, vous ne trouvez pas...
Nouvelle vague L a nouvelle vague s'est plantée quelque part dans mon corps et je ne saurais dire si le cœur a été touché. Par surprise, elle m'a happée, quand, passante, j'avançais dans l'air du temps, à la recherche, je ne sais plus, de Proust ou de...
Lundi soir L'Empereur, sa femme et le p'tit prince Sont venus chez moi pour me serrer la pince Au lavoir j'fais la lessive de mes petits, je suis sortie Mardi soirL'Empereur, sa femme et le p'tit prince Sont venus chez moi pour me serrer la pince A la...
Et si jamais je vous disais,Ce qui fait tous mes regretsMes regretsLe désespoir de mes nuitsEt le vide de ma vieDe ma vie...De ma pauvre vie... La fille de la vérandaQue je n'ai vue qu'une fois Encore le duo Etienne Roda-Gil/Julien Clerc pour enchanter...
Tu as volé les mots qui courent dans le monde Vous êtes fous, c'est pas moi, j’ai pas volé les motsJ'ai trop peur des écrivains, j'ai pas pris les mots du poète Oui, ça ne peut être que toiTu es méchant et laidY avait comme de l’encre sur tes doigtsQuand...
Cymbaline Le chemin que tu prends est étroitEt le ravin est pentu et très profondLes corbeaux sont tous en train de guetterDepuis un point de vue procheL' appréhension monteComme une rame de métro le long de ta colonne vertébraleLa corde raide tiendra-t-elle...
Ondine sort de l'eau ; sur la plage un homme est assis (même pose que le penseur de Rodin). Ondine - Bonjour, que faites-vous sur la plage ? Le pêcheur - Mon fils aîné a été pris dans la tempête il y a douze jours. J'ai retrouvé son corps brisé sur les...
Ondine Je marche sur mon dernier chemin, je te contemple pour la dernière fois, soleil ! L’éternel sommeil va me saisir sans que l’hymne nuptial et l’anneau d’or ne m’aient apporté l’amour heureux. Poisson, poisson-pilote, guide-moi jusqu’à sa nef blanche....
Quand les images de Roda-Gil s'illuminaient sur les musiques de Julien Clerc, les patineurs oubliaient le monde.... Dans une ville où je passais...Bien au nord du mois de Juillet,Sur un grand lac, un lac gelé,Un homme en noir glissait, glissait. Il avait...
Thelma et Louise sont partiesElles ont ouvert la décapotableElles ont ri à la libertéLes cheveux décoiffésEt la lèvre gourmandeLoin des hommes poussiéreux Trop vite oubliés Trop vite remplacés Elles ont roulé pour goûter la vieA perte de vue des routes....
Marignier, le 20 juillet 1969 « Pépé on est tous allé à Thonon mercredi pour voir passer le tour. La cousine Lisette a donné une gifle à Yvon parce qu'il faisait l'idiot avec le Maurice et ils ont failli se faire écraser par les coureurs. Moi, j'ai été...
Si tu veux être heureux une heure Enivre-toi Si tu veux être heureux un jour Tue ton cochon Si tu veux être heureux une semaine Fais un beau voyage Si tu veux être heureux un an Marie-toi Si tu veux être heureux toute ta vie Fais-toi jardinier. photos...
Zagrès (attaché à la proue d'un navire) - Demain je retrouverai l'Ile sans avoir accompli ma quête. J'ai traversé les mers, les déserts, les montagnes, je me suis égaré, j'ai voyagé vers des rivages lointains, je me suis éloigné pour me trouver moi-même....
Océan Cette liqueur s’enfoncera au plus profond de moi pour éloigner le mal funeste du souvenir. J’aurai, pour quelques heures, la tête auréolée de la brume divine. Borée, je me souviens des jours anciens et je m’enivre de leur fuite insoutenable. Ma...
Voici réunies à l'orphelinat de Monetier Mornex (Haute-Savoie) mes quatre tantes et ma mère (la plus petite) ; après la mort de leur père, en 1927, les cinq filles de ma grand-mère sont parties à l'orphelinat, le pensionnat de Monetier Mornex, au Salève,...
Nessoa Allons Océan, tu n’as pas besoin de ce masque pour me fuir. Ne bouge pas que je tourne autour de ta grandeur que je redécouvre celui qui est parti sans un mot. Tu as vieilli Océan, ton front est plus large et tes épaules se courbent mais tu n’as...
Borée Au-dessus des vagues, quand mes coursiers s'essoufflaient à mes fureurs, je ne savais quel frisson soudain à mon échine s'attachait. Etait-ce la chaleur du soleil piquant ma peau mêlée à la caresse des nuages et aux gouttelettes de l'écume rieuse...