Sept chats se promènent sur les boulevardsFollement intrigués par les pigeonsqui s'éparpillent sous le soleil de midi Sept chats se faufilent sur le pavéReniflent à terre la queue dresséeAh comme j'aimerais me joindre à eux Dresser ma résolution jusqu'àJusqu'à...
Le grand effaceur a broyé le blanc jasminDes aimantes lettres échappées de nos mainsPourtant les voyages avaient un goût d'amande Les miroirs embrument les anciennes légendesQuand les neiges d'hiver sans espoir de printempsAlourdissent les chimériques...
De l’amour en encyclopédie J’en avais goûté sur tous les airs Ronde infernale des piliers Marx, Freud et même Sartre Analysant leur complexe d’analité Expliquant mes bâillements. J’en arrivais à rêver Cocteau et Genet Cherchant la mâle virilité se dresser...
Ce matin, la présidente m'a téléphoné. Elle avait une drôle de voix la présidente. La directrice était dans son bureau, porte grande ouverte. Ce matin, quand j’étais arrivée au bureau, elle m'avait demandé si je voulais un café. Un mois plus tôt on m’avait...
J'aurais aimé devenir un bisexuelJe serais en libertinage entré durciJ'aurais aimé me découvrir transsexuelJe serais devenu Monica belle aussi Hélas mon unique fantasme être aiméDe toi ma belle oublieuse effarouchéeQui ne cesses de soupirer à mes enviesJe...
Faussaire Lucide âme, hier amoureuse des mâles, L'enchantement, qui attisait tes mille ardeurs,S'accroche à des toiles d'araignées sans pudeurMa belle, tu butes à leurs envies bestiales Résigne-toi, mon cœur, dors d'un sommeil léger Ton esprit invaincu...
Faussaire Je viens de l'au-delàEt toute joieEst en ce jour un aiguillonDe l'extaseEncore quelques tempsEt une fois délivréeJe me dresse, enivréeDans le sein de l'AmourLa vie infinieCoule puissamment en moiJe regarde d'en basVers toi en hautPrès de l'astre...
Nous sommes nés de votre néant.Vous nous avez donné La mémoire des avions au-dessus des villesLa mémoire des sirènes vibrantesLa mémoire des bottes sur les pavés. Nous sommes nés de votre néant.Vous nous avez donnéLes images du déniLes images des camps...
« Le paradoxe de l'analyse : avec du faux on fait du vrai. » Lacan Ses yeux convaincus ont envie de le convaincre, lui qu'elle ne voit pas, immobile, dans son dos. Il laisse aller cette amoureuse au plaisir de lui parler, lui qui l'écoute à peine, lui...
Dans la rue, les piétons avancent sous la grosse horloge. Leurs démarches n'est pas toujours la même : certains vont tète baissée, d'autres traînent les pieds, un tel regarde les vitrines, tel autre les fesses des femmes. Une se tord la cheville en courant...
Double sensTu as pris les contre-sensDans tes dérives de survieJ'ai oublié que tu étais de là-bas J'ai attendu sur le trottoirDevant la gare et ses trains en fuiteJe n'étais qu'un point de fuiteDans tes départs toujours plus loin Tu as repris ton cheminTu...
- Bonjour, t'es qui toi ? demande l'enfant.- Ca se voit pas ? Je suis une montagne, répond le chameau.- Mais une montagne, ça parle pas.- Tu crois ? Ah mon dieu, qui suis-je alors ? Je peux à peine bouger, c'était plus simple d'être une montagne.- Tu...
Je l'ai posée dans les étoilesElle me voyait traverser le mondeL'oubli ne m'atteignait pas Elle m'a fait grandirJ'ai cru qu'elle la remplaçaitJe n'étais pas née de ses creux Les deuils devaient s'accomplirLa nuit s'est assombrieJ'ai perdu le goût des...
La Denise elle mettait pas les patins pour glisser sur les parquets vernis.Elle claquait bien droits ses talons d'aiguille et on voyait son cul bien trempé qui dodelinait au bord des hanches.La Denise elle le buvait noir son café, sur le coin de table...
Tonitruant, truand. La moiteur du saxophoneAvec ses mots qui résonnentLa nuit dans les pubs grouillants. Avec les pas au dessous Des quais sombres, acérésDe poutres en acier Qui flottent dans les remous. L'horreur des mots, leur folie S'enfoncent au fond...
Assane rejoindrait Paris dès demain pour reprendre son entraînement. Dans trois mois, il devrait ravir son titre mondial de boxe au noir américain Jack Daids. Lui, le noir arabe, né sur le bateau en 62 entre Alger et Marseille. Tout le jour il avait regardé...
Tu m'as dit tant de belles chosesLa plage est déserte en novembreLes marées ont recouvert les coquillagesEt nos pas n'ont pas laissé d'empreintes Tu m'as dit tant de belles chosesT'as juste oublié de les enlacerA mes poignets, l'écume les a emportéesEt...
Le train. Dans chaque tour de roue, ton visage incrusté comme dans les vieux films américains. Le train. Le petit pied en bottine d'Anna Karénine descendant la dernière marche. Le train. Les visages meurtris des peuples en départ pour les champs barbelés....
J'avais quitté la ville où j'étais né. Je n'avais pas d'horizon. Juste les murs décrépis des squatts européens. Mes poupées russes ne connaissaient pas la crise. Nos voyages coulaient nos jours. Le déroulement des trains nous amenait aux bords des pays...
Tes mains de jeune homme tissent des couleurs à mes joues ; je reprends mon souffle, mes yeux s'étirent, mes paupières se soulèvent tandis que tes mains assemblent les fils de la vie. Je peux rester des heures à tes côtés, sans bouger, sans oser troubler...
Ce sourire, premier, que tu m'as lancé. Depuis ma mémoire veille et répète le mouvement de ton visage contre mon visage. Aujourd'hui je te vois, penché sur elle, effleurer sa joue avec tes yeux sourire. C'est une musique indienne qui revient à chaque...
C'était un beau matin juste avant l'arrivée du printemps. Deux jeunes femmes se tenaient à la terrasse de café. Un chien errant se promenait sur les boulevards. Le tramway trainait sur ses rails. Pourquoi ai-je pris ce chemin ce matin d'avant le printemps...
Les livres aux mots noirs sont tombés épars Ce matin une main vaudou a empoigné ma poitrine mon cœur s'arrache Les livres aux mots de plomb ont délivré leurs paroles brûlantes Un esprit sorti de l'enfer a soufflé à ma bouche mes poumons s'effondrent Les...
Nous marchons côte à côteDans la ville de bord de mer Mes yeux sont ouvertsLes tiens ont connu la tyrannie Mes mains se tissent à tes doigtsTes mains se sont dressées en poings Mes bras se balancent à ton corpsTes bras ont pointé des fusils Mes cheveux...
Y a pas d'amour heureuxA dit le poèteIl a oublié de sécher ses frissonsQuand elle sort de l'eau Elle a fait la grande roueDans mes yeux d'amandesEt je la garde encoreQuand elle s'enfonce Electrique sous les oragesElle grise l'air des forêtsA mon dos d'âneElle...