J'étais assis dans une brasserie désertée, face à la gare d'une ville de province, sur les bords d'un fleuve. J'attendais un train en partance pour la capitale. Le temps s'écoulait, les ombres s'allongeaient. J'entendais le crissement des premiers martinets,...
Tout au long des déroulésles amours circonflexess'enchainent caractèrespointillés et parenthèses.S'enlacent sur terrejusques aux cieuxdeux amantsdéfoncés à l'amoureuxdélice des désirsavoués repoussés.Les vierges battementsde cils au coeurs'affolent de...
Tu te tenais dans la cuisine. Nous n'étions pas nus. Juste un bout de nuque. Tu t'es penché. Lentement. Au-dessus de la table qui rétrécissait entre nous. C'était tôt le matin. Le café fumait dans nos tasses. Tu t'es penché jusqu'à moi. Tu as effleuré...
Je suis ton légoaccroché à tes tendres priapesJe suis ta pièce d'échecque tu déplaces au gré de tes diagonalesTu enlaces incessammentà tes lassos mes sens exaltés Tu lâches ma viedans le vide de tes élastiques sentimentstu plonges tes dents appointéesau...
Je ne cesse c'est incessantta cigaretteincandescentezones bleutéesau-dessus des éclusesla chaloupe défoncées'enfonce les résidus s'encorcèlentje m'ennuie les jourssans lunedans les quartiers de la basse villel'ourlet de ta bouchemon doigt en aiguillele...
Dionysos, dieu du désir pulsionnel assumédivisé par le Diable, dieu déchu du plaisir détournéreste La CroixEt cloué à cette croix l'Homme devenu dieuau nom de l'amour La bergère violée à la margelle du puitsdivisé par la courtisane poudrée de séductionsreste...
Des courbes et des frottementsRemets-moi ça JohnnyKoala tombé de l'arbreLa terre n'est plus ton parterre Les roses ont des épinesA ma bouche tu les as presséesElle est en feu d'atomesDans ton jardin de brume Envolées les braisesQuoi l'oubli viendraDans...
Je ne me suis jamais posé Tourbillon Comme pavillon Trop facilement aimé Mal épris J'accrocherai des peaux Au rocher Eternelle ignorance Jusqu'à ce que je te reconnaisse Dans ma mémoire Tes voiles m'attachent Je me suis détaché jadis Moi l'insatisfait...
Je l'ai tué ce matin,de trois coups de couteaupourquoi je l'ai tuéje ne sais pasdepuis mon épaule, mon coude, mon poignetles coups sont partisma tête bourdonnait mon cœur ne battait pas il était ailleurs je l'ai tué ce matinil fait froid sous les pontsles...
Je cours dans le désert accompagnée par deux hommes, nous sommes poursuivis par des géants. J e me retourne, je suis seule à pouvoir voir ces monstres. Je jette du sable sur eux pour que mes compagnons puissent distinguer leur silhouette. Les géants s'effraient...
Sans cesse je respire le noir helléboreDans mes poumons s'insinue son souffle fragileSa léthifère corolle brise mon cœurEt renaît un désir coupable qui m'exileDans mes veines, las, s'insinue l'envie de toiSe love à mon esprit et ma chair vulnérablesInexorablement...
La fille du sultan, belle et sereineS'en allait chaque jour, d'un pas sûrVers l'heure du soir à la fontaine,Où les eaux blanches murmurent. Chaque jour le jeune esclave demeureVers l'heure du soir à la fontaine,Où les eaux blanches murmurent;Il devient...
Entre deux paysages de brume et de rosée, Pessoa évoque son impuissance créatrice. L'aiguille dans la chair s'écœure de ce cœur lointain, dans le temps après le tien. Bien loin du délice des jours, bien loin de la paix au milieu de la foule ou des déserts,...
Je marche pied nu craignant les scolopendres, les cafards. Pourquoi ces petites bêtes en carapace gâchent-elles les heures chaudes de l'été ? J'aime le soleil, son piquant, son odeur d'herbe sèche, de vigne éclatée, mais il entraîne avec lui ces insectes...
Je délaisse les amants éphémères Je choisis les amoureux éternels Démodée Je ne croque pas les corps Je caresse les peaux Démodée J'oublie les plages de sable Je me noie dans les fontaines Démodée Mes robes noires volent au vent Mes sanglots ont des rires...
Ce qui me plaît en toi Ce ne sont pas tes jambes Longues comme un jour sans fin Ce qui me plaît en toi Ce n'est pas ta voix de gamine Traînante comme les crépuscules d'hiver Ce qui me plaît en toi Ce n'est pas ton regard Ouvert aux nuits de lune pleine...
ou bien J'ai ôté une à une les peluresSous la dernière est apparueDans un murmureCe cœur inaltérable qui bat ténu Tu es ma fêlureUn seul murmure ou bien Coquillage immobileUn homme assis s'abandonneLe monde murmureOublieux de sa déchirureIl reconnaît...
110, 90La sonnerie dans la gareannonce l'arrivée d'un trainJe pose le piedSur le railJ'envisage de poser un piedIl reste en suspens dans le videJ'entends les pleurs d'un enfantLa vie commence par des pleursLa sonnerie a cesséLe train va entrer en gareJ'entends...
Ma poulette à moiA des frissons sur la peauSi je la croiseMa poulette à moiSoupire dès que je la toucheMa poulette à moiS'accroche à mes aspéritésQuand je la tiens serréeMa poulette à moi Est nue dans mon litMais pas sur les plagesMa poulette à moiNe...
La Robe, La Véranda, Flowerbone, avec ses trois premiers romans aux veines philosophiques, Robert Alexis créent des univers poétiques magnétiques. Son style raffiné se met au service d'une narration éliptique, ses thèmes troublants créent pour le lecteur...
J'ai le souvenir de vos yeuxDans le soir qui élargit le cielJ'entends votre voixTout contre mon oreilleQui murmure d'étranges paroles Les mauvais tempsNe suffisent pas à nous désaccorder Vos brisures vous éloignentDes certitudes rassurantes Vos silences...
Depuis longtemps elle marche Sur mes rêves Jadis je l'avais perdueA la vieFini le vaste sommeilJe m'éveille Pour contempler ma merveilleInnocente Mes sombres ombres tanguaientEn absenceDe mes amours enfuiesEssoufflées La nuit d'avant hostileA cessé S'argentent...
La guitare sèche au fond du pub Accorde sa complainte Eh Jack, donne-moi ta force d'oubli Pendant qu'elle fait sa grande dame Dans les bas-fonds verts Voilà que je titube sur le granit Ses yeux de louve se reflètent Dans les trottoirs humides Le brouillard...
Ça ne tourne pas rondMa vie de soubretteDans l'alcôve marronIls soufflent mes œillettesTous mes petits messieursQui brandissent leur fortuneA mes jeux capricieuxFaut bien gagner sa tuneY me font la révérencePour mieux lapper leur enferEt moi je m'en balanceJe...
Chut je l'entends qui approcheQuel philtre puissant m'a-t-elle laissé boireJe tremble ce n'est pas de froidJuste dans l'attente de son premier baiserJe n'ai rien d'autre à faireQu'à m'étendre dans un cercueil de pierreJe pourrais bien m'assoiffer à son...