• La reine à son taureau
    éprouve-t-elle plus de honte ?
    Prostrée et bannie de l'amour,
    Jamais assouvie, jamais guérie.
    Le poison dans ses veines a son plaisir
    Et comme le lierre s'attache à sa vie.
    De son antique crime elle expie encore
    Quand d’un taureau elle a fait son amant
    De robe rouge elle s’est ceint
    Pour paraître à ses naseaux l’unique volupté.

     (illustration : Zeugma)

    votre commentaire
  • La première reine à aimer la bête
    Ouvre la ronde de ces hommes incertains
    Aux blessures exsangues
    Vétus de robe pourpre
    pendue dans les vitrines des ruelles secrètes
    de leurs désirs mis en scène
    Le doigt de Saint Jean se tend
    Dans le dédale de leur déchirure
    Ils s’enivrent à la découverte de leur héritage
    Oublié sur une plage méditée.

    L’étendard sanglant s’est levé
    Sous l’œil voilé des femmes d’orient
    Et de leurs hommes barbus
    Cachés à eux-mêmes.

     


    votre commentaire

  • Au Burkina Faso, pour créer les masques il faut trois couleurs : le rouge, le noir et le blanc.
    Voici quatre masques pour touristes : Le soleil rond - Le hibou - La chauve souris - L'antilope.

    Les vrais masques sont réservés aux cérémonies. Et lorsqu'ils ont vieilli, remplacés par des masques neufs, ils sont vendus aux antiquaires occidentaux.

    C'est ainsi que l'âme de l'Afrique se "diasporise".

    votre commentaire
  • A qui écrire sinon à toi ? Il y a le drap, son étendue, sa douce chaleur. Le silence de la nuit, de ma nuit. La ligne bleue sous les lettres posées. Lettre en souffrance. Ne pas écrire pour mourir plus vite. Des taches jaunes et rouges à mes paupières en feu des larmes. Un lieu vide où l'expérience intérieure n'est qu'une lamentable copie de ce qu'il m'est impossible d'atteindre. Je suis une chapelle romane au siècle des cathédrales gothiques. Et chaque jour je me rétrécis dans ce lieu. Je voudrais être en noir, les cheveux et le regard, la robe et l'âme. Le noir du dédain à la vie, le noir de l'extrême vanité. Et ces mots écrits sont les traces de cette vanité. Prise au jeu des masques.
     

    Devant la nuit
    celle que je chercherai
    mon corps retrouvera le tien
    tout au fond d'une vallée liquide.

    Des animaux mythiques
    viendront bercer notre disparition,
    aux yeux de tous,
    hommes et dieux,
    morts et vivants,
    nous serons encore à renaître.

    R.A.

     


    votre commentaire