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    synonymes et plus encore

    Je vous dois la vérité : à votre dévouement je voue respect et fidélité. Ma sincérité s'accorde à votre probité. En toute franchise, j'ai foi en votre honnêteté. En toute bonne foi, à votre droiture, j'accorde ma loyauté. Pour tout cela et bien plus encore, j'offre ma rondeur à votre carrure.

     


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    Mélancolie du premier amour

    Avez-vous déjà connu ces journées fraîches de l'été plein au cœur desquelles vous savez qu'un autre vous attend ? Cet autre est dans les chemins, les ruelles, à la terrasse d'un café ou au creux d'un trottoir. Peu importe le lieu où il se tient, vous sentez que dans ses gestes il vous accompagne et ce souffle lointain va jusqu'à votre bouche.

    Ces jours, de bonheur à l'évidence, je les ai connus, il y a plusieurs étés, au creux d'une île en Méditerranée. Sur une île, on ne se perd jamais tout à fait et même si les bateaux aux voiles lourdes peuvent vous éloigner de ses rives, jamais en ces instants courts et parfaits, je n'ai craint la disparition. Le temps, avec le vent, s'était niché là sous les oliviers fleurant les cigales et le jasmin. Dans ses jours, de bonheur à l'évidence, les deux êtres se taisaient, les dieux auraient pu entendre leurs murmures amoureux et, jaloux, poser une ombre d'oubli et de trahison. Il n'en fut rien, les dieux, ailleurs, distrayaient leurs âmes ennuyées. Qui a connu ces jours a connu le bonheur et il n'est point besoin d'attendre la mort pour s'écrier, comme Crésus « J'ai vécu heureux ».

    Pourtant, le souvenir de ces jours-là est-il encore du bonheur ? L'émotion ressentie se baigne de mélancolie et les objets épargnés, une lettre, un bracelet, une photo, témoins de ce passé disparu exaspère le regard solitaire.

    Du paradis perdu naît la conscience du désespoir. L'enfant suçant son pouce avec le regard éloigné de la mère, pleure sa misère prochaine, regrettant déjà les heures courtes de la vie où l'univers chaud l'apaisait. Certes, l'enfant grandit et s'adresse aux contours de la réalité. Ces contours tranchants. La main de l'homme tremble à chaque bord de table rencontrée : la table de travail, la table de bistrot jusqu'à la dernière, la table de chevet.

    Ailleurs demeure ce pays jamais oublié. Ou bien l'esprit retors glisse l'oubli dans les plis de l'esprit, les nervures du corps. Tel déhanchement, telle tache sur le visage, tel défaut de prononciation sont l'écho de la petite voix jamais tout à fait éteinte qui chante le passé.

    Ailleurs est ce pays lointain jamais encore visité. Ailleurs est ce pays où l'on va pour la première fois et qui n'est que le décor où se rejoue la première vie. Dans ce pays où les hommes ne parlent pas votre langue, vous vous éveillez, seul, assoupi par la chaleur et les fruits sucrés et les voix étrangères sourient comme les premiers mots entendus avant l'apprentissage des mots. L’exotisme vient de ce souvenir inépuisable. Ailleurs n'est pas ce pays lointain jamais encore visité. Ailleurs est le retour.

    Aurais-je encore en tête des souvenirs lointains si ma vie sans interruption ne m'avait accrochée à cette île, liée aux battements incessants des vagues, à la pâle lueur de la lune et à l’effritement des nuages passagers ? Ne serais-je pas alors, assise sur un rocher noir à pleurer, les voiles parties sans moi, me laissant à jamais à la merci de cet amour, au fil des jours estompé et soudain pesamment installé ? J’offrirais alors aux quelques visages des étrangers nomades, le visage fermé et voilé, ailleurs, autistique.

     

     

     

     

     

     

     


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    Ce matin le vent était violent. J'allais dans les rues pleines du soleil et du bruit des autres. J’allais avec des poignards en sommeil au-dessus de moi. Une branche abattue par le vent gisait sur les pavés. Si elle m'avait atteinte à la nuque avant sa chute finale, je serais là gisant à ses côtés. Le monde à mes oreilles serait silence et les ombres à mes yeux ne seraient plus. Les poignards d'argent n'oscilleraient plus, fatidiques, par dessus mes pas. La paix enfin serait installée. La solitude et le silence enfin auraient eu déraison du monde.

    Quelquefois j'agite le bras au passage d'inconnus qui ne me reconnaissent pas. Ce signe d'humanité, incongru à cet instant, fait se détourner la tête des passants. La folie des autres gène.

    Des îlots flous de réalité se dissolvent à l'assaut violent ou simplement incessant des vagues du conformisme qui sont confondus avec apaisement.

    Les choix ne sont que des détournements et le terrorisme à soi -le suicide ou son idée- devient l'ultime issue quand l'émiettement de la vie ne permet plus de modeler la forme initiale.

    Le temps se découpe selon la course du soleil et la scission à chaque retour de la nuit n'est autre que le déchirement de Prométhée.

    La lucidité appelle la lucidité et l'exigence interdit le repos tant que l'homme n'a pas trouvé son paradis, fuyant les mirages diaboliques où il risque de s'égarer.

    La nouvelle mystique est sans illusion qui admet que son ultime destinée n'est pas Dieu. L'effarement vient de là quand le sens n'est autre que la reconnaissance du non-sens.

    Alors vient l'apothéose.

     

     

     


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    Trahisons

     

     

     

     

     

     

     

    • Eh bien monsieur, que me vaut votre visite à cette heure ?

    • Je viens à vous pour une affaire qui me rend blême.

    • Vous, blême ? Il me semblait que ce fut chose impossible.

    • Je viens d'apprendre que Mademoiselle a été votre amante.

    • Vous l'apprenez ! Ce fut il y a bien longtemps et ce fut bien bref, une passade. Il me semble que Mademoiselle est devenue votre dame depuis.

    • C'est bien de cela dont je veux vous parler. Voyez-vous, et sans doute vous sera-t-il difficile de me croire, mais vraiment j'ignorais que Mademoiselle vous avait appartenu, avant que je devienne moi-même son amant, puis son fiancé, puis son époux.

    • Vous ne le saviez point ?

    • Pour être tout à fait sincère avec vous, elle me l'a confiée bien plus tard alors que nous étions déjà liés par la force de mes sentiments, en prenant soin de me dire que cette aventure passagère était finie lors de notre rencontre.

    • De vos sentiments ?

    • De nos sentiments, devrais-je dire. Mais je puis vous jurer que je ne savais pas qu'elle vous appartenait lorsque je lui fis la cour.

    • Il est vrai que Mademoiselle et moi, nous étions discrets sur nos transports. Par pudeur ou tout simplement parce que nos échanges semblaient suffisamment éphémères à nos yeux pour qu'ils restassent, sans être secrets, au moins feutrés. Il est vrai que même à vous, malgré l'amitié passagère qui nous liait en ces temps lointains, je ne sentis pas la nécessité de vous confier l'épanchement fugace que j'éprouvais pour Mademoiselle. Il me semblait du reste que d'autres, qui nous surprirent ensemble, vous auraient soufflé nos ébats sensuels. Les bavardages, les commérages sont légion, ils véhiculent certes parfois de fausses nouvelles mais aussi des vérités difficiles à croire et à entendre. Je finis par me convaincre que vous ressembliez à un certain singe, aveugle, muet et sourd.

    • Les médisances ruinent des réputations. Vous avez ainsi pensé que je connaissais votre secret penchant et que je me suis moqué de notre amitié.

    • Il est vrai que j'ai traité en petit comité Mademoiselle de garce et vous-même de traître.

    • C'est bien cela dont il s'agit aujourd'hui. A vos yeux je suis un traître. Or, aujourd'hui, alors que j'apprends ce pire, qui donc, sinon Mademoiselle, oubliant de me dire qu'elle échangeait avec vous alors que je lui faisais la cour,  devient à mon cœur une garce ou pire une traîtresse.

    • Oh voyons, Monsieur, cela appartient au passé.

    • Certes, pour vous sans doute, mais enfin pour moi, j'ai aimé Mademoiselle, au point de l'épouser. Aujourd'hui, j'apprends que j'ai été, que je suis un traître à vos yeux....

    • Allons, allons, je vous ai pardonné depuis ces temps lointains.

    • Un traître et un homme trahi. Comment aujourd'hui puis-je croire en l'amour que me porte Mademoiselle. Ne suis-je pas le mari trompé par un amant qu'elle prit soin de me cacher.

    • Mais enfin, nos échanges ont cessé lorsque vous l'avez conquise.

    • Vraiment ? Vous pouvez me l'assurer ?

    • Certainement Monsieur, soyez rassuré, Mademoiselle vous aime.

    • Sachez Monsieur que je ne puis me pardonner à moi-même cette trahison que je commis contre vous bien malgré moi. Me croyez-vous lorsque je vous assure que je n'ai jamais songé que nous fussions des rivaux ?

    • Certes certes, je vous crois.

    • Ah mon dieu, comme cette vérité m'accable, moi un traître trahi par une traîtresse. Ô combien l'amour est imparfait.

    • Allons Monsieur, allons de ce pas rejoindre les Dames que voilà et assurons-nous que nous méritons encore leur grâce et leur indulgence. Et gardez à votre encontre cette indulgence qui vous manque en ce moment délicat.

     


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  • Je suis en manque de vous. Non pas de votre absence, j'en suis habituée. Je suis en manque de l'attention que vous me portez.

    Je voyage en train. Vous êtes dans ces paysages qui défilent au-delà des vitres.

    J''aime voyager en train. Je suis transportée dans un autre monde et je regarde le monde réel au dehors qui s'échappe incessamment.

    Je suis transportée, lasse et tranquille tout à la fois. La sensation d'être guidée par le train, prise en charge, comme dans une matrice ronronnante.


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