• Adieu

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le jour où tu es partie

    Tu ne m'as pas dit adieu

    Cet adieu n'est jamais venu.

     

    Tous les jours d'après je suis partie

    Comme toi sans dire adieu

    Répéter ton départ dans mes petits départs.

     

    La vie était inscrite ainsi

    Partir pour oublier

    Que je ne t'avais pas dit adieu.

     

    J'étais une enfant

    Je n'avais pas les mots

    Pour dire adieu et me construire au-delà.

     

    Tous les jours tu brillais

    Dans mes cieux

    Telle une étoile pour me guider.

     

    Un jour viendra où

    Je te retrouverai dans les jardins d'Arcadie

    Pour toujours nous nous recommanderons à dieu.

     

     

     


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    Premier novembre

    Premier novembre. Le père jardinait la pierre tombale de la mère tandis que l'enfant mangeait ses marrons chauds. C'était leur rituel.

     

    Pour eux, l'hiver commençait en ce jour du premier novembre. La petite portait son nouveau manteau et le père plantait les nouveaux chrysanthèmes autour de la photo de la mère, posée sur la pierre.

     

    Premier novembre, c'était le jour de l'année où le père achetait les premiers marrons chauds au vendeur debout derrière son brasero à l’entrée du cimetière.

     

    Premier novembre, c'était le jour de l'année où le père prononçait ces mots à sa fille : « Maman est là. »

     

    Premier novembre, c'est ce jour-là, et ce jour-là seulement, que l'enfant entendait son père parler de son épouse morte.

     


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    La parole de la mère
    Parvenait en écho jusqu'à l'enfant
    Dans le temps d'après
    La parole de l'enfant redessine,
    À l'envers, l'écho maternel.

     

    L'enfant écoutait en silence
    La parole de sa mère
    posée dans ses mains
    Tel l'écho de la mer
    posé dans le coquillage

     

     

    La parole de la mère s'est déposée
    Au creux de ses mains
    Et l'enfant l'a écoutée si fort
    Qu'aujourd'hui encore il en redessine
    Le sens retrouvé
    A grands mots libérés

     


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  • Des gerbes de fleurs humides
    Des goulées de sève douce
    Des poignées de terre noire
    J'ai déposé la saveur des jours
    Sur le toit de ton ultime séjour
    Et je m'en suis allé
    Tenant la main glacée de la petite effrayée.



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  • Je parle de toi sans te connaître
    Je t'écris sans voir
    Ton regard posé sur moi
    Je parle d'amour sans savoir
    Si nous nous sommes jamais aimées.
    Ma main tendue ne t'atteindra jamais
    Et mes jambes ne me porteront jamais
    Jusqu'à tes bras.

    Tu ne reviendras jamais
    Ce jamais qui grandit
    M'ensorcelle.
    Je n'ai plus ma raison
    Parce que ta mort n'est pas raisonnable.

    Les mots sont brouillés
    Ils s'effacent tout doucement
    Ils s'effacent au mépris de ma mémoire.
    La vie grandit dans les jours qui passent
    Et m'éloigne à jamais de ton souvenir.
    Une photo et la mémoire des autres
    Voilà ce que je garde de toi.

    Partout, dans la bouche, les yeux, les gestes,
    Mon corps qui se tord,
    Partout le souvenir de toi
    Crie en moi
    Et le deuil ne vient pas.
    A ma mère morte.



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