• Des gerbes de fleurs humides
    Des goulées de sève douce
    Des poignées de terre noire
    J'ai déposé la saveur des jours
    Sur le toit de ton ultime séjour
    Et je m'en suis allé
    Tenant la main glacée de la petite effrayée.



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  • Ce sont peut-être ceux-là les plus terribles.
    Dans la nuit de deux heures
    Quand la foule accusatrice des rêves a frappé.
    Le cri s'écrase dans la gorge

    Et le hurlement interdit se répercute à l'infini
    En toute impossibilité.
    Ce sont peut-être ceux-là les plus vrais,
    Les mots qu'on écrit après pour apaiser.

    J'étais un cri, j'écris
    Dans le tremblement du matin
    Avant le lever du jour
    Qui tressaille là au fond
    D'une cicatrice me liant au monde du néant.

    J'écris, je crie pour m'évader
    De moi qui existe à peine
    Ou déformé par des fantasmes impuissants.
    Ecrire toute la nuit
    Le matin ne viendra pas plus vite
    Le malentendu s'est tissé solide
    ouvrir le livre du futur et oublier.

    Toute la nuit j'ai dansé dans les lumières,
    J'ai jeté par les fenêtres les mots.
    Les mots par les fenêtres.
    Au petit matin, je suis ivre,
    étourdi au bras d'une inconnue sans joie.
    Sur le trottoir les mots se sont dressés,
    ils se sont dépliés et m'ont appelé.
    Ils ont repris possession de moi
    et ne cessent de défiler leurs histoires de mots.


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  •  

    Pessoa

    La complainte de Pessoa, sa supplique quand il rêve la vie
    et qu'il nous en convainc avec ses mots au bord des larmes,
    avec ses mots d'émotion étranglée.

    Les jours disjoints.

    Je caresse le désespoir de ces pages du plat de la main.
    Les doigts à demi écartés, soulevés et tremblants.
    Goûtant à cette incestueuse découverte.

    Les jours fruitiers.

    Sans écart entre la fluidité de l'air des choses
    et les sensations bourdonnantes du dedans.

    Les jours électriques.


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  • Je parle de toi sans te connaître
    Je t'écris sans voir
    Ton regard posé sur moi
    Je parle d'amour sans savoir
    Si nous nous sommes jamais aimées.
    Ma main tendue ne t'atteindra jamais
    Et mes jambes ne me porteront jamais
    Jusqu'à tes bras.

    Tu ne reviendras jamais
    Ce jamais qui grandit
    M'ensorcelle.
    Je n'ai plus ma raison
    Parce que ta mort n'est pas raisonnable.

    Les mots sont brouillés
    Ils s'effacent tout doucement
    Ils s'effacent au mépris de ma mémoire.
    La vie grandit dans les jours qui passent
    Et m'éloigne à jamais de ton souvenir.
    Une photo et la mémoire des autres
    Voilà ce que je garde de toi.

    Partout, dans la bouche, les yeux, les gestes,
    Mon corps qui se tord,
    Partout le souvenir de toi
    Crie en moi
    Et le deuil ne vient pas.
    A ma mère morte.



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  • Elles étaient toutes venues
    Avec leurs mains crispées
    Et leurs bouches closes
    Elles étaient toutes là
    Contre la porte
    Dans le noir du corridor
    Phèdre et Alma
    Carmen et Hélène
    George et Sapho
    Quand les amants unis
    Se sont endormis
    Elles sont reparties, radieuses.
    L'amour quelque temps
    S'est posé
    Sur un coin de la Terre.



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