•  

    Pessoa

    La complainte de Pessoa, sa supplique quand il rêve la vie
    et qu'il nous en convainc avec ses mots au bord des larmes,
    avec ses mots d'émotion étranglée.

    Les jours disjoints.

    Je caresse le désespoir de ces pages du plat de la main.
    Les doigts à demi écartés, soulevés et tremblants.
    Goûtant à cette incestueuse découverte.

    Les jours fruitiers.

    Sans écart entre la fluidité de l'air des choses
    et les sensations bourdonnantes du dedans.

    Les jours électriques.


    votre commentaire
  • Je parle de toi sans te connaître
    Je t'écris sans voir
    Ton regard posé sur moi
    Je parle d'amour sans savoir
    Si nous nous sommes jamais aimées.
    Ma main tendue ne t'atteindra jamais
    Et mes jambes ne me porteront jamais
    Jusqu'à tes bras.

    Tu ne reviendras jamais
    Ce jamais qui grandit
    M'ensorcelle.
    Je n'ai plus ma raison
    Parce que ta mort n'est pas raisonnable.

    Les mots sont brouillés
    Ils s'effacent tout doucement
    Ils s'effacent au mépris de ma mémoire.
    La vie grandit dans les jours qui passent
    Et m'éloigne à jamais de ton souvenir.
    Une photo et la mémoire des autres
    Voilà ce que je garde de toi.

    Partout, dans la bouche, les yeux, les gestes,
    Mon corps qui se tord,
    Partout le souvenir de toi
    Crie en moi
    Et le deuil ne vient pas.
    A ma mère morte.



    3 commentaires
  • Elles étaient toutes venues
    Avec leurs mains crispées
    Et leurs bouches closes
    Elles étaient toutes là
    Contre la porte
    Dans le noir du corridor
    Phèdre et Alma
    Carmen et Hélène
    George et Sapho
    Quand les amants unis
    Se sont endormis
    Elles sont reparties, radieuses.
    L'amour quelque temps
    S'est posé
    Sur un coin de la Terre.



    votre commentaire
  • La mort de Demeter 

     

    Dis ma sœur, ne la vois-tu pas venir ?
    Pourquoi sont-ils tous partis ce matin,
    Derrière elle étendue ?
    Pourquoi a-t-elle quitté la maison
    Sans poser son regard sur nous ?
    Pourquoi avaient-ils tous des pleurs
    Dans la colline en fleurs ?
    Dis ma sœur, ne la vois-tu pas venir
    Tu as grimpé trop vite sur le mur
    En glissant, ton bras s'est brisé
    Dans le jardin tu souffres enfin
    Tu ne l'attendras plus
    Avec ta blessure ouverte.
    Dis ma sœur, qui la verra venir ?
    Qui me consolera de ce chagrin 
    Qu'elle a emporté dedans la terre ?

     

     


    votre commentaire
  • Chaque matin,
    Tes sourires m'éveillent
    Chaque soir,
    Je t'endors
    De mes câlins
    Pour tes joues douceur
    Et les longs week end
    Où tu pars sur d'autres chemins
    J'égrène les heures
    Mais chut c'est un secret
    Je te laisse grandir
    Loin de moi pendant tes journées
    Mon enfant


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique