• L'homme sur le banc regardait les amoureux enlacés à ses côtés, oublieux de sa solitude à lui. Il tressaillit à son propre sourire ému : l'amour ne lui appartenait plus qu'à travers celui des autres.

     


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  • Les notes jouées sur un piano triste
    Dans une nuit d'hiver finissant
    La cloche de l'église donne l'heure
    Une femme chante, grave
    Au-dessus des mondes noirs. 
    Une façade grise, la rue en contrebas
    Déserte
    Ma tête pareille à tout cela
    Rien au-dehors, rien au-dedans 

    Se pourra-t-il que le jour se repeuple ?
    Quel jour ?
    Tremblant. 

    L'impossibilité de toucher
    Cette angoisse flottante,
    Pas même une angoisse.

     Chanceler face au rien
    Rien la vie, rien les gestes,
    Choisir de voir passer les temps
    Et ne plus toucher
    Sinon avec le regard éloigné.

     

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  • Quand tes aïeux lisaient la Bible
    Les miens chantaient l'Iliade.
    Quand tes pères récitaient la Thora
    Les miens priaient à genou dans la terre
    A l'heure de l'Angélus.

    Quand ta mère éloignait son regard du tien
    Ma mère retirait sa main froide de la mienne.
     Pourquoi, ce jour, marcherions-nous sur le même chemin ?
     

    photo : Modimo
    http://modimo.canalblog.com

     


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  •  

    Des lettres de toi en écriture
    Sympathique
    Des visages de toi en couverture
    Dans les nuits de mon lit
    Les dieux forniquent
    Dans les banquets ailleurs
    Je crie de tous tes mots volés
    Des lettres enflammées,
    Des phrases effacées
    Voilà mes offrandes
    Coule le vin
    Tourbillonne le cortège
    Des bienheureux
    Déversez votre miel
    A mon bras
    Et sur la page rien n'arrive
    Impossible de t'avouer
    L'âme bouleversée

    photo Yves-Marie Jacob


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  • Eurydice, ma sœur des enfers,
    Je n'ai pas toujours été Perséphone,
    Souviens-toi quand j'étais jeune fille
    Ma mère m'appelait Koré.
    J'avoue,
    Je n'aurais jamais dû goûter
    Au jus suave de la grenade.
    Mais c'est si bon.
    Pour trois petites graines
    Trois petits tours dans les enfers
    Je suis devenue l'épouse d'Hadès.
    Ma pauvre sœur Eurydice,
    Prisonnière pour toujours des enfers,
    Quand moi je m'échappe au gré des étés.
    Je retrouve mon demi-frère
    Zagreus et son cortège.
    La joie, la joie, Eurydice,
    La joie d'être vivante.

     


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