• Le drapeau noir de la Crète est planté dans ma tête.

    J'aimerais une révolution, une guerre, la famine, le viol et la résistance
    plutôt que cette incroyable douceur de  vivre.
    Et pourtant je l'aime beaucoup cette vie.
    Comme on aime l'absolu de la folie.
    Comme on aimerait Van Gogh. De loin.
    Le laissant reposer au vent de ses toiles, regardant les couleurs de sa palette, caressant sa joue.
    Je l'aime comme j'aurais pu l'aimer s'il avait été moins fou.
    Je l'aimerais entièrement  mais j'ai oublié que son entier est ailleurs.
    Mon avidité affronte son retrait permanent des choses, sa quête l'entraîne vers ailleurs loin de ma vie trop molle.
    J'aimerais une révolution, une guerre...
    Le drapeau noir de la Crète est planté dans ma tête.

     


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    "Se coucher contre la terre, y marcher pieds nus, comme les anciennes prophétesses de Dodone avec le bruissement du vent dans les chênes sacrés de Zeus...  pour écouter leur battement monter en moi comme un chant de grillon dans la nuit de lumière."
    Silélianos

    "Ta grammata, den ta xéro kal.
    To sioleio mou, ézo einai. "

    "De l'instruction, je n'en ai pas beaucoup. Mon école, la voici." et le paysan montra derrière lui ses vignes dans un large mouvement du bras et de la main.
    Extrait de « En cheminant avec Hérodote », Jacques Lacarrière

    "L'âme d'un peuple ne se divise pas. Elle vit ou elle meurt. "
    Séféris


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  • Les remparts de Bactres.


    Balkh, l'antique Bactres, en Afghanistan du nord, la cité où Alexandre a célébré ses noces avec Roxane et qui avait servi d'asile au prophète Zoroastre.


    Balkh, la ville à la bannière érigée.


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  • Il faudrait pouvoir écrire en suivant les rayons du soleil et le souffle du vent. Changer au  rythme des notes le rythme des mots, vagabonder sur la gamme, pianoter un instant dans le feuillage des peupliers et glisser son archet au fil de l'eau. La musique s'arrêterait et recommencerait au signe des oiseaux dans le ciel. Et les nuages fileraient en rangs effilés en suivant les violons. La musique serait les mots. Donner à l'amour cette même douceur, cette légèreté divine et rejoindre Alexandre sur les champs de batailles. L'accompagner de tambours et de trompettes. Rejaillir au cœur du passé avec Bucéphale. Le laisser nous emporter dans une chevauchée fantastique. Ressembler à Héphestion et s'endormir sur l'épaule d'Alexandre. Musique, aide-moi à vaincre ce rêve, à le plier au réel, à le modeler tel le premier homme et lui donner vie.

    Faut-il toujours attendre le merveilleux qui s'éveille à chaque note ? Ton rythme m'essouffle, symphonie. Laisse reposer mon âme auprès de ces héros légendaires. Laisse-moi respirer leur sueur et leurs folles ambitions. Ambition d'un homme, de l'humanité, d'un dieu peut-être.


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  • Je voudrais vous conter cette dernière nuit où un monde a tremblé. Si les étoiles ne sont pas encore voilées par les vapeurs du jour, la tiédeur de l'air annonce les lourdes chaleurs de l'été proche. Tout est étrangement calme, ni le cri des oiseaux de nuit, ni la brise du fleuve ne montent jusqu'au palais. Alors que les dieux se taisent, le flambeau qui a embrasé tout l'Orient agonise. Le monde ne connaît pas encore la nouvelle. Un blond adolescent l'a renversé, un guerrier héroïque l'a assoiffé et le monde n'a rien vu. Comme hier les rues sont couvertes par la poussière, les temps s'ornent de colonnades blanches et le vin coule dans les amphores d'argile. Mais les femmes qui appellent leurs gamins ont un autre accent, les prêtres sacrifient avec des gestes différents et des chants nouveaux à la gloire de la vigne naissent. Le monde n'en sait rien, ne voit pas dans ces infimes parcelles l'ordre nouveau s'installer. Et moi, je respire les effluves de l'été qui point. Apportera-t-il la sécheresse ou bien des vents humides balaieront-ils l'horizon ? S'en remettre à la destinée ou bâtir malgré elle ?... (Dehors, un chien aboie doucement.) Toi aussi mon chien tu veux redescendre au village. Il n'y aura donc aucun poète qui saura raconter cette épopée. Les dieux et les héros ont trop vieilli, il nous faut vivre sans eux. Allez, mon chien, je n'ai plus qu'à te suivre. Il rêve ou il meurt.


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