• Le sang sur les ivoires blanches
    a giclé à la face de l'homme noir
    Il souffle son dernier soupir
    piétiné par l'animal monumental

    Aux côtés de l'homme
    sa femme au sein tranchée,
    son fils agonisant
    sa fille violée

    Dans ses journaux de plomb
    L'homme blanc
    Lance ses mots bleus
    Trempés au glaive de la Justice

    Les corps morts tressaillent
    Quand l'Histoire passe
    On a juste oublié
    Le sens moral.

    Reste le sang.


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  • Ils étaient trois cents dans le défilé
    Leurs armes étincelaient
    Ils étaient trois cents
    Pas un de plus, pas un de moins
    La liberté aux seins nus les appellait à l'infini
    Ils ont coiffé leur longue chevelure noire
    Qu'avaient-ils à redouter dix mille flèches
    Tous ont tenu leur promesse
    Retenir les flots, résister
    L'idée de sacrifice n'était pas dans leur coeur
    Juste mourir et pourrir là dans le défilé
    Pour que les peuples ne plient pas à genoux.


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  • He, réveillez-vous
    Le taxi est à sec
    Les snippers visent juste
    Découvrez-vous

    Doigt dressé
    Votre honneur
    Au bout de leurs tirs
    Les héros se dressent

    Passe-moi ta blonde
    Que je la fume
    Jusqu'au bout
    Cercles de bataille

    Tous les guerriers
    Des temps modernes
    Ont la même gueule
    Cassée de la grande guerre

    La liberté et la mort
    Enrage guerrier
    Le colonel est grillé
    Alors, que son monde tombe

    L'Histoire est à tes côtés
    Putain de garce, mon gars
    Elle nous a bien oubliés
    On revient morts-vivants.


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  • J'ai mis mon casque
    j'ai accroché mon paquetage
    je me suis assis dans la chaloupe
    j'ai craché dans la mer attentive
    j'ai regardé mes compagnons
    nos coeurs en vrac avaient le même tempo
    j'ai pas parlé
    j'ai pas prié
    j'ai regardé le ciel gris en reflet dans les eaux
    là-bas la côte fumait
    là-bas la brume accrochait son manteau de mort
    j'ai sauté dans les vagues d'écume
    rien de vénus
    il fallait faire le boulot
    j'aurai lancé ma lance
    j'ai lancé un cri
    je ne savais pas
    que la fureur m'envahirait
    je ne savais pas
    que la fureur me donnerait la force
    j'avais plus de mémoire
    j'avais plus de paradis
    j'allais mourir ou bien vivre
    dans les airs sifflaient les obus
    autour de moi les balles éclataient les corps
    je les ai vus flotter dans les nuages
    tous les guerriers de l'Histoire
    aux visages creusés, aux visages noirs
    ils se déployaient à nos côtés
    nous transmettaient leur rage
    et la mer vomissait ses vagues
    et le ciel noircissait le temps
    le jour J j'ai posé mes pieds
    sur une plage explosée
    y paraît qu'au bout la Liberté s'éveillait.


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  • Ils prennent des lignes blanches
    celles qui conduisent derrière les miroirs
    leurs yeux se sont brisés aux brèches du temps
    y a des raptus qui explosent
    dans le camp adverse
    ils marchent à l'envers des paysages
    ça les repose
    les chèvrefeuilles et leur parfum
    les étoiles et leur scintillement
    ont le goût de pourrissement et de faux serments
    à quoi ça sert le néant des grands espaces
    ils s'essoufflent dans l'air impur des cimes
    les abimes au-dessous flottent à leurs jambes
    dans la poussière ils remontent
    le lit des rivières asséchées
    à la vue de leur file soldatesque
    les poissons y poussent des rires acérés
    le croassement rauque des corbeaux
    emplit le ciel blanc d'ozone
    et retombe en écho sur les granits violets
    bientôt les balles siffleront
    bientôt les bombes claqueront
    et leurs dents crisseront
    leurs mains trembleront
    leur ventre s'étouffera
    leur coeur cessera de cogner
    la mort prochaine étendra
    ses voiles gris sur la plaine
    rouge de la vie perdue


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