• Ils prennent des lignes blanches
    celles qui conduisent derrière les miroirs
    leurs yeux se sont brisés aux brèches du temps
    y a des raptus qui explosent
    dans le camp adverse
    ils marchent à l'envers des paysages
    ça les repose
    les chèvrefeuilles et leur parfum
    les étoiles et leur scintillement
    ont le goût de pourrissement et de faux serments
    à quoi ça sert le néant des grands espaces
    ils s'essoufflent dans l'air impur des cimes
    les abimes au-dessous flottent à leurs jambes
    dans la poussière ils remontent
    le lit des rivières asséchées
    à la vue de leur file soldatesque
    les poissons y poussent des rires acérés
    le croassement rauque des corbeaux
    emplit le ciel blanc d'ozone
    et retombe en écho sur les granits violets
    bientôt les balles siffleront
    bientôt les bombes claqueront
    et leurs dents crisseront
    leurs mains trembleront
    leur ventre s'étouffera
    leur coeur cessera de cogner
    la mort prochaine étendra
    ses voiles gris sur la plaine
    rouge de la vie perdue


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  • En ces moments
    ils se tiennent quelque part
    assis sur un rocher
    après les grands combats
    ils mêlent leurs repos
    la route est encore longue


    autour du feu de camp
    offre-leur un verre de vin
    et deux cigarettes
    cela leur fera du bien
    reste silencieuse
    ou chantonne de vieux refrains

     

    là couchés sous le grand arbre
    un lit de feuilles brunes
    pour manteau
    ils hument les fougères
    aux frondes dressées
    leurs tuiles arrondies évoquent
    des airs de toit maternel

     

    dans la nuit étoilée
    sous vénus et la lune
    ils campent
    en hommes blessés
    demain à l'aube
    ils repartiront
    pour l'ultime combat
    tu veilleras sur eux


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  • A l'encre de vos veines, elle trempe sa plume
    Elle s'abreuve à vos fatals destins
    De demi-dieux démembrés
    Elle entrouvre vos lèvres de pandore
    Au fond de vos chairs ouvertes, elle fouille
    l'espoir ténu de vos jours premiers
    De vos fils d'inconscient, elle tend ses toiles arachnéennes
    Au cœur de vos labyrinthes, les yeux fermés, elle respire
    Le souffle du monstre né des amours transgressées


    Guerriers,
    Ne déposez pas vos armures étincelantes
    Elle vous emporterait aux enfers transfigurés
    Astre lunaire
    Elle s'enroule pour enfanter
    Vos nuits insensées
    Pour le temps de l'éphémère éternité
    Elle couperait vos lignes de vie
    Guerriers, fuyez la Moïra.


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  • Guerrier aux mille blessures
    il s'allonge aux souvenirs
    de son enfance peuplée de cité
    ce n'est pas l'air marin
    qui l'a fortifié,
    ses brûlures viennent d'ailleurs


    Amazone aux mille nuits
    elle s'allonge aux lits défaits
    de son hystérie consommée
    ce n'est pas l'autel sacré
    qui l'a dressée,
    ses brûlures viennent d'ailleurs


    Amants conquis
    ils érigent les Babels fatales
    de leur rencontre improbable
    ce n'est pas l'ordre vertueux
    qui les unira,
    leurs royaumes viendront par-delà.


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  • Je marche sous le haut soleil sur la terre craquelée. Jusqu'à la montagne bleue, je marche. Je ne sais pas pourquoi je marche.

    Après qu'ils aient tiré sur mes enfants, sous mon regard, ils m'ont indiqué la ligne invisible jusqu'à la montagne bleue et leur geste disait que je devais marcher jusqu'à la montagne bleue, ceinturée par le serpent épais des corps humains morts.

    Je marche jusqu'à la montagne bleue. Je ne sais pas pourquoi je marche. A un certain point de la ligne, mon pied a dessiné un pas à l'écart. Un deuxième pas a confirmé cet écart.

    Je ne sais pas pourquoi je gis contre la terre craquelée, une balle a frappé ma nuque.


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